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Révision ou changement de la Constitution en RDC : une réforme au cœur des interrogations populaires

En République démocratique du Congo, le débat autour d’un éventuel changement ou d’une révision de la Constitution s’intensifie, jour après jour. Pourtant, face à cette question cruciale, le peuple semble tenu à l’écart, comme plongé dans un silence imposé. Dès lors, une interrogation fondamentale émerge : où se situe réellement l’intérêt de la population dans cette démarche.

La RDC traverse actuellement une période marquée par de multiples défis, notamment sur les plans sécuritaire, social et économique. Dans un tel contexte, la pertinence d’une réforme constitutionnelle soulève des doutes. S’agit-il d’un projet visant véritablement le bien-être collectif ou d’une initiative répondant à des intérêts politiques spécifiques…

À l’approche de la fin du mandat du président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, la question prend une dimension encore plus sensible. L’Union sacrée de la nation, principale force de la majorité parlementaire, semble s’aligner en faveur d’un changement constitutionnel. Parmi les propositions évoquées figure notamment l’allongement de la durée du mandat présidentiel, qui passerait de cinq à huit ans.

Ce débat a récemment pris de l’ampleur sur la scène publique et médiatique, notamment après les déclarations du vice-président du Sénat, Bahati Lukwebo. Ce dernier avait affirmé que le véritable problème du pays ne résidait pas dans la Constitution, mais plutôt dans les hommes chargés de l’appliquer. Une sortie médiatique qui a rapidement provoqué des tensions au sein même du camp au pouvoir, contraignant le président de l’AFDC à présenter des excuses publiques face à la pression.

Depuis son accession au pouvoir en 2018, soit près de huit années de gouvernance à l’horizon 2026, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo a affirmé déjà avoir été confronté à des réalités complexes qui auraient entravé la mise en œuvre efficace de son programme.

De son côté, l’opposition ne cache pas sa position ferme à toute initiative de révision ou de changement constitutionnel dans le contexte actuel. Elle y voit une tentative de modification des règles du jeu politique susceptible de fragiliser davantage la démocratie congolaise.

Visiblement, la question demeure entière : Cette réforme constitutionnelle répond-elle réellement aux aspirations du peuple congolais ou s’inscrit-elle dans une logique de conservation du pouvoir ?

Dans un climat déjà tendu, seule une approche inclusive, transparente et centrée sur l’intérêt général pourrait apaiser les tensions et restaurer la confiance entre les gouvernants et les citoyens.

Emerode Kamba

Emerode kamba : journaliste, rédacteur Web Strong2Kinmoov, spécialiste en sport & culture, analyste et consultant en communication sportive.

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