Moïse Mbiye : « Laissez ma musique jouer en boîte de nuit, Dieu peut toucher quelqu’un même là-bas »

En prélude à son concert de ce 21 novembre à l’Accor Arena, Moïse Mbiye était face à la presse culturelle ce jeudi 5. Au cours de ces échanges, le pasteur-chantre s’est exprimé sur plusieurs sujets le concernant.
Interrogé sur le fait que ses chansons chrétiennes soient souvent jouées dans des boîtes de nuit, le responsable de l’Église Cité Béthel a répondu sans détour et assume pleinement.
Pour la Réserve de l’Éternel, Dieu n’a pas besoin d’être uniquement à l’église pour transformer une vie. Il rappelle l’exemple biblique de Saül, récupéré par Dieu sur le chemin. « Dieu peut récupérer quelqu’un dans un taxi, dans une boîte, pas seulement à l’église », a-t-il expliqué.
Ce grand nom de la scène gospel d’Afrique francophone va plus loin et dénonce une pression qui, selon lui, fabrique de l’hypocrisie dans les églises. Il estime que vouloir une transformation instantanée après une prédication pousse les fidèles à faire semblant.
Il prend l’exemple d’un fidèle qui arrive avec une coiffure jugée mondaine. Si le pasteur lui impose de couper ses cheveux, il le fera par peur ou pour garder sa place, mais sans être convaincu au fond de son cœur.
Pour Moïse Mbiye, il faut laisser le temps à Dieu de faire son travail. « Il y en a qui prennent 15 ans, d’autres 2 ans. Quand Dieu travaille ton âme, tu ne t’en rends même pas compte », insiste-t-il.
Il précise également que la conversion ne signifie pas forcément devenir pasteur. Touché par Dieu, on peut rester chauffeur, docteur ou entrepreneur, mais en prêchant par son comportement changé au sein de sa famille.
L’interprète de « Dans ma tête » conclut avec une anecdote personnelle : « J’ai des amis qui ne viennent pas à l’église. Au début c’était « vos églises là… », aujourd’hui ils me disent « Pasteur prie pour moi ». » Pour lui, l’essentiel est ailleurs : « Laissez ma musique jouer partout. »
RM La Fleur Du-Béton



