Mende affirme avoir été « manipulé » par Kabila et compare son cas à celui de Lumumba

Contesté après ses récentes déclarations, Lambert Mende ne change pas de position. L’ancien ministre de la Communication affirme avoir été « manipulé » par l’ancien président Joseph Kabila durant les douze années passées à ses côtés. Pour justifier son analyse, il invoque également le parcours de Patrice Lumumba, qu’il considère comme une autre victime de manipulation politique.
Invité à revenir sur ses propos, Lambert Mende a expliqué qu’il ne regrettait pas d’avoir utilisé le terme « manipulation ». « J’ai eu l’impression d’avoir été manipulé pendant les douze ans que j’ai travaillés avec le président honoraire Joseph Kabila. Je confirme que j’ai été manipulé et je l’explique », a-t-il déclaré lors de son passage dans le Space X du confrère Stanis Bujakera.
Selon lui, en tant que porte-parole du gouvernement, il ne faisait que défendre la ligne politique définie par le chef de l’État. Pendant plus d’une décennie, il a ainsi soutenu que le Rwanda constituait la principale menace pour la République démocratique du Congo. « C’est lui qui vous donne la ligne politique, la ligne éditoriale. C’est le message que j’ai relayé pendant douze ans », a-t-il rappelé.
Lambert Mende affirme toutefois avoir constaté un changement radical dans les positions de Joseph Kabila. Il dit avoir découvert un ancien président qui « banalise l’agression rwandaise » et estime que les raisons de la guerre dans l’Est seraient amplement justifiées. « C’est le jour et la nuit. C’est un virage à 180 degrés. En français, cela s’appelle une manipulation », a-t-il insisté.
Pour étayer son raisonnement, l’ancien ministre souligne qu’un chef de l’État dispose des services de renseignement, des services de sécurité, de l’armée et de l’ensemble des informations stratégiques du pays. « Être manipulé par un chef d’État, il n’y a pas de honte à cela », estime-t-il.
Lambert Mende affirme également qu’il adoptera la même attitude envers l’actuel président si les actes de celui-ci venaient à contredire son discours. « Si le président Tshisekedi pose demain des actes contraires au message qu’il nous donne aujourd’hui, on le dénoncera », a-t-il déclaré.
Pour répondre à ceux qui lui reprochent d’avoir reconnu avoir été manipulé, Lambert Mende a cité Patrice Lumumba. À l’en croire, le premier Premier ministre du Congo indépendant a lui aussi été victime d’une manipulation des autorités coloniales lors de la Conférence de la Table ronde. « Les colonialistes leur ont fait croire que l’indépendance politique suffisait, alors que l’indépendance économique est restée entre les mains des Belges », a-t-il expliqué.
Il précise cependant que cette lecture historique ne remet nullement en cause son admiration pour Lumumba. « Ce n’est pas parce qu’il a été manipulé qu’il perd toute considération à mes yeux », a-t-il affirmé. Et de renchérir : « Qui, au Congo, n’a pas été manipulé ? On vous fait croire une chose, puis vous découvrez que c’en était une autre. Voilà la manière dont j’ai été manipulé. »
Dans l’opinion publique, plusieurs se disent pas du tout surpris par ses discours des politiciens.



