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Matadi Gateway Terminal : la nomination de Masaki signée Bussa sans validation de Félix Tshisekedi fait polémique

La confirmation par le ministre de l’Aménagement du territoire, Jean-Lucien Bussa, de l’authenticité d’une lettre par laquelle il avait nommé, en février 2025, Florian Masaki Nzembele comme représentant de l’État au sein de Matadi Gateway Terminal (MGT), suscite de nouvelles interrogations sur la gouvernance de cette infrastructure portuaire stratégique.

Selon plusieurs observateurs, cette désignation aurait été effectuée alors que la législation congolaise réserve au président de la République le pouvoir de nommer les mandataires publics. L’absence de toute trace officielle de cette lettre dans les archives du ministère du Portefeuille ou du Conseil supérieur du Portefeuille alimente davantage la controverse.

Cette affaire intervient alors que MGT demeure sous l’attention des autorités américaines. L’Office of Foreign Assets Control (OFAC) poursuit en effet ses investigations sur d’éventuels liens entre l’ancien président Joseph Kabila et l’actionnariat du terminal. Malgré les soupçons évoquant une participation indirecte de l’ancien chef de l’État à travers des prête-noms, aucune preuve formelle n’a jusqu’ici été rendue publique.

Sur le plan économique, MGT s’est imposé comme l’un des principaux hubs logistiques du pays. Exploité par un partenariat associant le groupe philippin ICTSI, le groupe Ledya et l’ONATRA, le terminal a enregistré une forte croissance de ses activités ces dernières années.

Toutefois, des divergences relevées dans plusieurs documents concernant la répartition exacte de l’actionnariat continuent d’alimenter les interrogations.
L’enquête met également en lumière les liens de certains membres de la direction avec différents réseaux politiques et économiques, ainsi que les avantages dont aurait bénéficié le projet depuis son lancement sous le régime Kabila.

Plusieurs acteurs de la société civile estiment que la rapidité avec laquelle certaines autorisations et concessions foncières ont été accordées à l’époque mérite aujourd’hui un examen approfondi.

Par ailleurs, les relations d’affaires de MGT avec des groupes internationaux, notamment MSC, ont également été évoquées dans le débat public, en raison de procédures judiciaires ayant visé certaines entreprises du secteur maritime à l’étranger.

Alors que le terminal poursuit son expansion et attire de nouveaux investissements internationaux, la question de sa gouvernance, de son actionnariat réel et de ses liens éventuels avec des personnalités politiques demeure au cœur des préoccupations.

La révélation de la nomination de Florian Masaki Nzembele pourrait ainsi apporter un nouvel élément d’intérêt aux enquêtes en cours sur l’environnement financier et institutionnel de MGT.

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