Procès Tshiwewe : l’ex-chef d’état-major accusé de complot contre le régime

L’ancien chef d’état-major général des FARDC, le général d’armée Christian Tshiwewe, a comparu ce jeudi 4 juin 2026 devant la Haute Cour militaire à Kinshasa dans le cadre d’un procès portant sur un présumé complot visant à renverser le régime constitutionnel en République démocratique du Congo.
Selon l’acte d’accusation présenté par le ministère public, Christian Tshiwewe et plusieurs coaccusés sont poursuivis pour avoir participé à une entreprise destinée à changer par les armes l’ordre constitutionnel établi. Le parquet soutient que cette conspiration se serait étendue entre 2020 et juillet 2025.
Au cœur du dossier figure la découverte, le 9 juillet 2025, d’un important arsenal de guerre dans la résidence de l’ancien chef militaire située dans la commune de la Gombe. Les enquêteurs affirment y avoir saisi 92 fusils d’assaut de type Kalachnikov, 12 lance-roquettes RPG-7 ainsi que plusieurs milliers de munitions. Pour l’accusation, l’ampleur de cet arsenal exclut toute justification liée à la protection personnelle.
L’audience, retransmise en direct par la télévision nationale, a débuté par l’identification des dix officiers supérieurs poursuivis dans cette affaire. Outre Christian Tshiwewe, plusieurs hauts gradés font face à des accusations de complot, trahison, apologie du terrorisme, propagation de faux bruits, violation des consignes militaires, désertion à l’étranger et incitation des militaires à l’indiscipline.
Le ministère public a également sollicité le jugement par défaut de certains prévenus absents, notamment les généraux John Numbi Banza Ntambo et Pascal Nyembo Muyumba. S’appuyant sur les dispositions des articles 326 et 327 du Code judiciaire militaire, le magistrat militaire Lucien-René Likulia a demandé à la Cour de poursuivre la procédure en leur absence.
Présenté comme le principal instigateur du complot, l’ancien inspecteur général des FARDC, John Numbi, est accusé d’avoir coordonné l’opération depuis le Zimbabwe, où il se serait réfugié après sa désertion en 2021. Le parquet lui reproche notamment d’avoir financé le réseau à hauteur de plusieurs centaines de milliers de dollars et d’avoir publiquement appelé les militaires à renverser le président Félix Tshisekedi.
De son côté, l’ancien directeur général du Centre d’expertise, d’évaluation et de certification des substances minérales précieuses et semi-précieuses (CEEC), le général Pascal Nyembo Muyumba, est présenté comme l’un des principaux coordonnateurs du réseau présumé. Le général de brigade John Chinyabuuma Kamukinde est également poursuivi par défaut.
Pour le ministère public, la détention d’un stock aussi important d’armes de guerre dans la capitale constitue l’un des éléments matériels majeurs du dossier. La défense devra notamment démontrer l’origine et la légalité de la conservation de ces équipements.
Au-delà des poursuites individuelles, cette affaire soulève des interrogations sur la loyauté de certains cadres militaires dans un contexte marqué par la poursuite du conflit dans l’Est du pays contre l’AFC/M23, soutenu par le Rwanda. Le procès est également perçu comme un test pour la justice militaire congolaise appelée à juger plusieurs anciens hauts responsables des forces armées.
À l’issue de cette première audience, la Haute Cour militaire a renvoyé l’affaire au 25 juin 2026 afin de permettre aux avocats de la défense de consulter les dossiers de procédure.



