Le CSAC paralysé par le manque de financement

Le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC) traverse une crise financière et administrative qui fragilise sérieusement son fonctionnement. Depuis près de quatre ans, les frais de mission et les titres de voyage des responsables de l’institution ne sont plus régulièrement pris en charge, malgré leur inscription dans la Loi de finances.

Cette paralysie empêche le régulateur congolais de participer aux grands forums africains et francophones consacrés à la régulation des médias et du numérique. Une situation qui réduit progressivement la présence et l’influence de la RDC dans les débats internationaux sur les réseaux sociaux, l’intelligence artificielle, les fake news ou encore les plateformes numériques.

À en croire plusieurs sources, ni le président du CSAC, Christian Bosembe, ni les membres du Bureau, les commissaires ou les experts ne disposent aujourd’hui des moyens nécessaires pour assurer des missions officielles à l’étranger. Certains déplacements auraient même été financés personnellement par le président de l’institution afin d’éviter l’absence de la RDC dans certaines rencontres stratégiques.

Cette situation intervient alors que les défis liés à la régulation des médias évoluent rapidement avec l’essor de TikTok, Facebook, YouTube, X, Instagram et des outils d’intelligence artificielle. Pour plusieurs observateurs, aucun régulateur moderne ne peut désormais fonctionner sans coopération internationale, formations spécialisées et échanges techniques avec les autres autorités de régulation.

Pendant que plusieurs pays africains renforcent leurs capacités face aux enjeux numériques, le CSAC apparaît de plus en plus isolé, avec un risque réel de marginalisation de la RDC dans les grands réseaux spécialisés de régulation des médias.

Face à cette crise, des voix s’élèvent pour interpeller le gouvernement, le ministère du Budget et le ministère des Finances afin que les crédits prévus pour les missions officielles soient effectivement exécutés.

Pour ces observateurs, affaiblir financièrement le régulateur revient à fragiliser davantage la capacité de la RDC à défendre sa souveraineté informationnelle dans un environnement médiatique mondial en pleine mutation.