
Human Rights Watch accuse le M23 et les forces rwandaises d’avoir commis de graves violations des droits humains lors de l’occupation d’Uvira, au Sud-Kivu, entre décembre 2025 et janvier 2026.
Dans un rapport de 26 pages publié jeudi et intitulé “Nous sommes des civils ! : Meurtres, violences sexuelles et enlèvements commis par le M23 et les forces rwandaises à Uvira”, l’organisation documente des exécutions sommaires, des viols, des enlèvements et des recrutements forcés.
L’enquête repose sur plus de 120 témoignages recueillis en mars et avril 2026. Selon HRW, au moins 53 civils auraient été exécutés sommairement, principalement lors des opérations menées le 10 décembre 2025. Des hommes et des garçons étaient accusés de liens avec les groupes Wazalendo alliés aux forces armées congolaises.
L’ONG affirme également que des civils tentant de fuir Uvira vers le Burundi voisin ont été pris pour cible. Des habitants rapportent aussi des tirs contre des pêcheurs dans le quartier de Kasenga depuis des bâtiments occupés par les combattants.
Le rapport fait état d’au moins huit cas de violences sexuelles commises durant l’occupation, dans un contexte marqué par l’absence de structures de prise en charge médicale adaptées aux survivantes. Philippe Bolopion affirme que les combattants du M23 et les soldats rwandais ont mené des opérations de porte-à-porte visant des civils, accompagnées d’enlèvements et de disparitions forcées. Plusieurs personnes arrêtées près de la base militaire d’Uvira seraient toujours portées disparues.
HRW appelle les autorités congolaises à faciliter les enquêtes indépendantes, protéger les témoins et préserver les preuves, notamment les fosses communes signalées dans certains secteurs de la ville. L’organisation demande également à la communauté internationale de soutenir la commission d’enquête des Nations unies sur les violences au Nord et au Sud-Kivu et plaide pour des sanctions contre les responsables du M23 et de l’armée rwandaise impliqués dans ces abus.
Le rapport rappelle enfin que les États-Unis ont imposé, en mars dernier, des sanctions contre plusieurs responsables rwandais pour leur rôle présumé dans la prise et l’occupation d’Uvira.


