Kikuni et Lubaya contestent la neutralité de l’ECC sur la réforme constitutionnelle

L’appel de l’Église du Christ au Congo (ECC) en faveur d’un dialogue national avant toute réforme constitutionnelle ne fait pas l’unanimité. Les opposants Seth Kikuni et Claudel Lubaya ont vivement critiqué le communiqué publié à l’issue de la 66e session extraordinaire de l’institution protestante, lui reprochant de ne pas adopter une position suffisamment claire sur la Constitution du 18 février 2006.
Dans un message adressé aux responsables de l’ECC, Seth Kikuni dit n’avoir trouvé dans la déclaration ni orientation précise ni prise de position ferme sur le débat constitutionnel. Il estime que qualifier de “pertinentes et constructives” les réflexions sur une réforme de la Constitution revient à placer sur un même plan les partisans de sa révision et ceux qui défendent son intangibilité.
Pour l’opposant, l’enjeu dépasse le cadre d’un simple débat politique et concerne la préservation de l’État de droit. Il appelle ainsi l’ECC à réaffirmer clairement le respect des dispositions constitutionnelles protégées, notamment celles visées par l’article 220.
De son côté, Claudel Lubaya déplore une position qu’il juge “trouble” et susceptible d’alimenter les inquiétudes de l’opinion. S’il soutient le principe d’un dialogue inclusif pour répondre aux défis nationaux, il considère que l’ECC aurait dû rappeler sans ambiguïté les limites constitutionnelles encadrant toute éventuelle réforme.
Selon lui, l’absence d’une prise de position explicite sur le caractère intangible de certaines dispositions de la Constitution laisse place à diverses interprétations et risque d’accentuer les tensions politiques.
À travers leurs réactions, Kikuni et Lubaya lancent un même appel à l’Église protestante : clarifier sa position sur la réforme constitutionnelle et dire clairement si elle considère la Constitution de 2006 comme un socle républicain intangible ou comme un texte susceptible d’être révisé dans toutes ses dispositions. Une attente qui place désormais l’ECC au cœur d’un débat politique de plus en plus sensible.



