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« En Afrique, les créateurs de contenus ne sont pas pris à leur juste valeur », estime Gédéon Mbuyi

Les créateurs de contenus africains ne bénéficient pas encore, selon Gédéon Mbuyi, de la reconnaissance correspondant à l’influence qu’ils exercent auprès du public. Le créateur congolais, suivi par près de deux millions de personnes sur TikTok, l’a expliqué au cours d’une interview accordée à Strong2Kin Moov.

Connu sous le surnom de « Roi de TikTok », Gédéon Mbuyi s’est d’abord construit une notoriété grâce à des contenus humoristiques, notamment lorsqu’il se mettait dans la peau d’une femme. Au fil du temps, il a cependant changé d’orientation. Ses vidéos se concentrent désormais davantage sur les réalités de la vie quotidienne, les tracasseries et certaines pratiques qu’il considère comme abusives dans la société kinoise.

Cette nouvelle ligne lui a notamment permis de faire parler de lui lorsqu’il avait filmé une altercation avec des agents la Police de Circulation Routière – PCR- qu’il accusait de vouloir lui réclamer de l’argent pour des infractions qu’il contestait.

Pour lui, la création de contenus ne doit pas uniquement servir à divertir ou à rechercher le buzz. Elle peut également permettre d’attirer l’attention sur des situations qui touchent directement la population. « Moi, je veux toujours montrer au monde qu’il y a aussi l’influence qui impacte. Comme la nôtre. Je ne parle que de ce qui touche la population. Les gens se sentent concernés », dit-il.

Gédéon Mbuyi estime néanmoins que les créateurs de contenus restent encore peu considérés par une partie du monde économique africain, malgré l’importance prise par les réseaux sociaux dans la communication et la publicité.

« Actuellement en Afrique, les créateurs de contenus ne sont pas vraiment pris à leur valeur. Les entreprises, les annonceurs…nous prennent comme des moins que rien. Eux estiment que nous prenons seulement du courage derrière la caméra. Généralement, quand j’ai fait mes vidéos, je cours plusieurs menaces, des dangers et des insultes », dit-il.

Le créateur congolais reconnaît que tous les profils présents sur les réseaux sociaux ne poursuivent pas les mêmes objectifs. Il défend toutefois l’existence d’une catégorie de créateurs qui cherchent à utiliser leur audience pour interpeller, informer ou mettre en lumière certaines réalités sociales.

En dehors de TikTok et des autres plateformes numériques, Gédéon développe également des activités entrepreneuriales. Il possède notamment une agence active dans l’accompagnement des voyages et des démarches liées aux visas.

Pour la suite, il entend poursuivre le développement de ses projets tout en maintenant une présence sur les réseaux sociaux davantage orientée vers les préoccupations de la population.

Suivez l’interview en intégralité ici :

Etienne KAMBALA

Étienne Kambala est web-journaliste et community manager junior. Chaque jour, il combine la production d’articles d’actualité avec l’animation de communautés en ligne. Dans son quotidien, il couvre des sujets variés allant de la culture au sport, en passant par la société et la politique. Il veille à relayer l’information en temps réel, à susciter l’interaction avec les lecteurs et à renforcer la visibilité de Strong2Kin Moov

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