RDC : le Conseil d’État dissout le PPRD de Joseph Kabila

Le PPRD n’est plus un parti politique légalement reconnu en République démocratique du Congo. Le Conseil d’État a prononcé, ce vendredi 30 octobre 2026 à Kinshasa, la dissolution de la formation politique de l’ancien président Joseph Kabila.
Cette décision met fin à l’existence juridique d’un parti qui a occupé une place centrale dans la vie politique congolaise pendant près de deux décennies. Créé autour de Joseph Kabila, le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie a été la principale formation du pouvoir durant ses années à la tête de la RDC, avant de basculer dans l’opposition après l’alternance de 2019.
Sa dissolution survient dans un contexte totalement différent pour son fondateur. Depuis le 12 octobre, Joseph Kabila dirige le Front pour la refondation de la nation (FRN), une nouvelle coalition politico-militaire mise en place à Goma. Corneille Nangaa et Bertrand Bisimwa en sont notamment vice-présidents, tandis que Sultani Makenga dirige sa branche militaire.
Ce basculement avait déjà provoqué des fissures au sein de l’ancien parti présidentiel. Plusieurs cadres et proches de Joseph Kabila avaient pris leurs distances avec cette nouvelle orientation et rejeté publiquement le recours aux armes.
Avant la décision du Conseil d’État, le PPRD faisait déjà l’objet de restrictions. Le 15 octobre, le ministère de l’Intérieur avait ordonné l’interdiction de ses activités sur l’ensemble du territoire national, au même titre que douze autres formations politiques. Les gouverneurs avaient été chargés d’assurer l’exécution de cette mesure.
La décision rendue ce vendredi franchit donc un cap supplémentaire. Il ne s’agit plus simplement d’empêcher le PPRD d’organiser ses activités : sa dissolution met un terme à son existence en tant que formation politique.
Le parti qui avait accompagné Joseph Kabila au pouvoir appartient désormais à l’histoire politique récente de la RDC. Son ancien chef, lui, poursuit désormais son action dans un tout autre cadre, à la tête du FRN.



