
L’activiste pro-démocratie Carbone Beni a vivement condamné la répression du sit-in organisé vendredi à Kinshasa par plusieurs figures de l’opposition contre le projet de révision constitutionnelle. Les affrontements entre les forces de l’ordre et les manifestants ont donné lieu à des scènes de violence qui ont suscité de nombreuses réactions au sein de la société civile.
Dans une déclaration rendue publique après les événements, le président du Mouvement PACTE a dénoncé le traitement réservé aux leaders de l’opposition, notamment Martin Fayulu, Jean-Marc Kabund, Delly Sessanga, Mike Mukebayi, Alain Bolodjwa et plusieurs de leurs partisans.
Selon lui, les images diffusées sur les réseaux sociaux montrent des interventions policières particulièrement musclées contre des responsables politiques et des citoyens venus exercer leur droit de manifester.
« Les images largement relayées sur les réseaux sociaux montrent clairement des éléments de la police s’en prenant violemment à des responsables politiques, notamment au président de l’ECiDé, Martin Fayulu, ainsi qu’à d’autres opposants visiblement ciblés au cours de cette journée », a-t-il regretté.
Carbone Beni estime que ces violences, auxquelles s’ajoutent des blessés, des arrestations arbitraires et des décès signalés, constituent un signal préoccupant pour l’avenir de la démocratie congolaise. Il considère que de tels agissements portent atteinte aux libertés publiques garanties par la Constitution et soulèvent des interrogations sur le respect de l’État de droit en République démocratique du Congo.
Une démocratie à deux vitesses
L’activiste dénonce également ce qu’il qualifie de “démocratie à géométrie variable’. À ses yeux, les autorités adoptent une attitude différente selon la nature des manifestations organisées.
Il souligne que les marches de soutien au pouvoir ou au changement de la Constitution bénéficient généralement d’un encadrement favorable de la part des autorités, tandis que les initiatives portées par l’opposition font l’objet de restrictions ou d’interventions répressives.
« La démocratie n’est pas seulement le droit de soutenir le pouvoir ; c’est aussi le droit de le contester pacifiquement. La liberté de manifester appartient autant aux partisans du régime qu’aux opposants, aux mouvements citoyens et aux organisations de la société civile », a-t-il déclaré.
Pour le président du mouvement PACTE, les violences enregistrées lors de cette mobilisation, les coups portés contre des leaders politiques, les arrestations rapportées ainsi que les interventions menées dans ou autour des sièges de partis politiques ne constituent pas des signaux encourageants pour la consolidation de la démocratie congolaise.
-Appel à une enquête indépendante-
Carbone Beni appelle les autorités compétentes, notamment le gouvernement, la hiérarchie de la Police nationale congolaise et les institutions de la République, à faire preuve de retenue et de responsabilité.
Il demande l’identification de toutes les personnes blessées, arrêtées ou détenues à la suite des événements, ainsi que la garantie de leur intégrité physique et de leurs droits fondamentaux. Il plaide également pour la libération de toute personne détenue sans motif légal établi.
L’activiste réclame par ailleurs l’ouverture d’une enquête indépendante afin de faire la lumière sur les violences commises, les décès signalés et les arrestations arbitraires enregistrées au cours de cette journée.
« La RDC est un État de droit ; à ce titre, elle doit garantir la liberté de manifester, y compris à ceux qui s’opposent à toute modification de la Constitution. La contradiction politique ne doit jamais être assimilée à une infraction. L’opposition n’est pas l’ennemie de la République ; elle constitue, au contraire, une composante essentielle de la démocratie », a-t-il souligné.
Pour Carbone Beni, la mission de la police demeure celle de protéger, d’encadrer et de sécuriser les manifestations citoyennes. Elle ne saurait, selon lui, se transformer en instrument de répression contre des citoyens exerçant pacifiquement leurs droits constitutionnels.


