
La confrontation politique entre le pouvoir et l’opposition prend une nouvelle dimension en RDC. Les forces opposées au projet de révision ou de changement de la Constitution ont appelé les habitants de Kinshasa à observer une journée « ville morte » le mercredi 3 juin pour dénoncer ce qu’elles considèrent comme une dérive du régime en place.
Dans leur déclaration, les opposants accusent le Chef de l’État, Félix Tshisekedi de vouloir remettre en cause l’ordre constitutionnel établi en 2006. Ils estiment que les démarches engagées autour du référendum cachent une volonté de prolonger son maintien au pouvoir à travers un éventuel troisième mandat. L’opposition évoque également une crise de souveraineté nationale en accusant le président congolais d’avoir « partagé la gestion du pays avec Paul Kagame », dans un contexte sécuritaire toujours tendu dans l’Est de la RDC.
La polémique s’est intensifiée après les débats organisés à l’Assemblée nationale autour de la proposition de loi du député Paul Gaspard Ngondankoy portant sur les modalités d’organisation du référendum. Lors de l’examen du texte, les députés du groupe parlementaire « Ensemble » avaient quitté la salle pour marquer leur désaccord avec la procédure engagée par la majorité.
Ce boycott n’a cependant pas freiné les travaux parlementaires. La Commission politique, administrative et juridique avait jugé la proposition recevable avec amendements, tandis que le président de l’Assemblée nationale, Aimé Boji, avait défendu la poursuite des discussions malgré l’absence de l’opposition. Pour cette dernière, engager un processus constitutionnel alors qu’une partie du territoire national reste sous menace rebelle constitue un danger pour la cohésion du pays et une violation de l’esprit de la Constitution actuelle.


