
Le gouvernement congolais veut accélérer la transformation de son économie en misant simultanément sur l’exportation agricole et la protection de la production nationale. À Kinshasa, le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a lancé lundi 4 mai 2026 l’opérationnalisation d’un financement britannique de 25 millions de dollars destiné à soutenir les exportations agricoles congolaises.
Cette décision a été entérinée lors d’une réunion technique tenue avec Étienne-Claude Mabunda, directeur commercial de Rawbank, partenaire clé du dispositif financier. Le fonds mis à disposition par le Royaume-Uni vise à sécuriser les crédits accordés aux producteurs locaux afin de faciliter leur accès au financement bancaire.
Le programme cible six filières stratégiques notamment le cacao, le café, le riz, le manioc, le maïs et l’huile de palme. Les provinces du Nord-Kivu, de la Tshopo, du Kongo Central, du Maï-Ndombe, du Kwilu et de l’Équateur serviront de zones pilotes pour la mise en œuvre du projet.
Julien Paluku a salué un partenariat économique qu’il juge structurant pour la RDC. Le ministre a insisté sur la nécessité de mettre en place des crédits à taux préférentiels, particulièrement en faveur des zones affectées par les conflits, notamment Beni-Butembo, l’Ituri et la Tshopo, où les producteurs peinent encore à accéder aux circuits classiques de financement.
Pour garantir l’efficacité du mécanisme, une commission mixte d’experts a été constituée. Elle travaillera avec les ministères de l’Agriculture et du Développement rural afin d’assurer le suivi du projet et d’augmenter la capacité des exportateurs congolais à pénétrer les marchés internationaux.
Rawbank a, de son côté, réaffirmé sa volonté d’accompagner cette dynamique. Son directeur commercial a indiqué que la banque entend soutenir les opérateurs économiques congolais dans leur accès aux marchés chinois, émirati, britannique et américain, notamment à travers les avantages commerciaux offerts par l’AGOA.
Le gouvernement envisage de freiner les importations de matelas
Le ministère du Commerce extérieur s’est également penché sur la question de la protection de l’industrie locale. Julien Paluku a échangé le même jour avec Vishal Hemnani, directeur général de Complast, entreprise spécialisée dans la fabrication de matelas et de mousses en RDC depuis 1967.
Les discussions ont tourné autour de la lutte contre le dumping et la concurrence des produits importés. Implantée à Lubumbashi, l’entreprise affirme disposer d’une capacité de production quotidienne de 5 000 matelas, supérieure à la demande cumulée des provinces du Haut-Katanga, du Lualaba et du Tanganyika.
Face à cette situation, Complast plaide pour des restrictions temporaires sur les importations de matelas dans cette partie du pays afin de préserver l’industrie locale et les emplois qui y sont liés.
Le ministère indique qu’une commission technique restreinte a été chargée d’évaluer les données du marché avant toute prise de décision, conformément aux engagements de la RDC vis-à-vis des règles de l’Organisation mondiale du commerce.
À travers ces deux dossiers, le gouvernement affiche une stratégie économique articulée autour de deux priorités : renforcer les capacités d’exportation des producteurs congolais tout en protégeant les industries locales face à la concurrence extérieure.


