
Le gouvernement congolais revoit sa politique de tarification des produits pétroliers dans l’est du pays. Réuni lundi dernier avec les élus nationaux et provinciaux du Nord-Kivu ainsi qu’avec les opérateurs pétroliers de Beni, le vice-Premier ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, a annoncé une série de mesures destinées à stabiliser le marché du carburant et à soulager les consommateurs.
Selon un communiqué du ministère de l’Économie nationale, cette rencontre a permis d’évaluer les difficultés liées à l’application de l’ancienne structure tarifaire dans une région confrontée à des contraintes logistiques persistantes et à une forte volatilité des prix des hydrocarbures sur le marché international.
Les échanges ont également mis en lumière les coûts élevés d’approvisionnement et les difficultés de transport qui continuent d’impacter la disponibilité des produits pétroliers dans plusieurs localités de l’est de la République démocratique du Congo.
Face à cette situation, le gouvernement affirme vouloir adopter une approche plus souple et mieux adaptée aux réalités économiques de la région. Daniel Mukoko Samba a insisté sur l’importance d’un dialogue permanent avec les opérateurs du secteur afin d’assurer un approvisionnement régulier tout en préservant le pouvoir d’achat des populations.
Une nouvelle tarification entrée en vigueur
La nouvelle structure des prix, officialisée par arrêté ministériel et entrée en vigueur le 5 mai 2026, fixe désormais le litre d’essence à 4 200 francs congolais dans la ville de Beni.
Dans le même élan, l’exécutif a procédé à un allègement de plusieurs charges appliquées au secteur pétrolier. Le coût du marquage moléculaire a été réduit de 9 à 2 dollars américains, tandis que la fiscalité applicable aux produits pétroliers passe de 208 à 119 dollars par mètre cube.
Le gouvernement estime que ces ajustements devraient permettre une reprise progressive et plus stable de l’approvisionnement en carburant, souvent perturbé ces derniers mois dans plusieurs zones de l’est du pays.
Les opérateurs saluent un signal d’ouverture
Sur le terrain, les acteurs du secteur pétrolier accueillent favorablement ces nouvelles mesures. Plusieurs opérateurs y voient une volonté des autorités de prendre en compte les réalités économiques locales et les difficultés auxquelles le secteur est confronté.
Certains appellent toutefois à une mise en œuvre rapide des décisions annoncées afin d’éviter de nouvelles pénuries et de garantir une stabilité durable du marché.
À travers cette réforme, le gouvernement congolais cherche à concilier impératifs économiques, stabilité de l’approvisionnement et protection du pouvoir d’achat dans une région particulièrement sensible aux fluctuations des prix et aux défis sécuritaires.


