« Les jeunes artistes d’aujourd’hui ne travaillent plus comme à l’époque » (Charles Tabu)

Producteur et tourneur, Charles Tabu tire la sonnette d’alarme sur l’avenir de la musique congolaise à l’international. Selon ses déclarations sur Top Congo FM, une pénurie d’artistes congolais capables de se produire en France pourrait survenir d’ici 2028.

« Nous allons vers une pénurie. Il n’y a pas suffisamment d’artistes capables de remplir des salles. En tant que producteur, je dois organiser des concerts en permanence. Si je programme Zaïko Langa Langa cette année, je ne peux pas le faire trois fois à Paris. Le public finira par se lasser. C’est la même chose pour la musique gospel : il n’y a pas assez d’artistes », explique-t-il.

Au-delà du manque de figures capables d’attirer les foules, le producteur pointe également un changement de mentalité chez la nouvelle génération. Selon lui, l’éthique de travail n’est plus la même qu’à l’époque des grandes icônes comme Tabu Ley Rochereau ou encore Zaïko Langa Langa, connus pour leurs longues heures de répétition.

« Les jeunes artistes d’aujourd’hui ne travaillent plus comme avant. À l’époque, ils répétaient de 8 heures à 22 heures. Aujourd’hui, dès qu’un artiste devient un peu connu, il ralentit ses efforts », déplore-t-il.

Pourtant, certains noms continuent de s’imposer sur la durée, à l’image de Ferre Gola, Fally Ipupa ou encore Koffi Olomide. Des exemples qui, selon Charles Tabu, devraient inspirer la relève.Face à ce constat, il appelle les jeunes artistes à redoubler d’efforts, faute de quoi la situation pourrait devenir « très compliquée » à partir de 2027-2028.