
L’élévation de Fally Ipupa au rang de Chevalier dans l’Ordre national du Léopard constitue bien plus qu’une simple distinction honorifique. En rejoignant ce prestigieux ordre de la République démocratique du Congo, l’artiste devient seulement le deuxième musicien congolais à accéder à ce grade. Il succède ainsi au légendaire Tabu Ley Rochereau.
La distinction lui a été décernée par le président de la République, Félix Tshisekedi, en reconnaissance de sa contribution au rayonnement de la culture congolaise sur la scène internationale. De plus, cet hommage officiel marque une nouvelle étape dans la carrière de l’auteur de “Formule 7”. En effet, il est déjà considéré comme l’une des figures majeures de la musique africaine contemporaine.
Une distinction rare dans le monde culturel congolais
Institué par la loi n°009-2002 du 5 août 2002, l’Ordre national “Héros-nationaux Kabila-Lumumba”, communément appelé Ordre national du Léopard, représente la plus haute distinction honorifique de la RDC. Il récompense les personnalités ayant rendu des services exceptionnels à la nation dans différents domaines de la vie publique.
Depuis sa création, très peu d’artistes musiciens ont été admis dans cet ordre prestigieux. Avant Fally Ipupa, seuls trois géants de la musique congolaise y figuraient. Il s’agit de Tabu Ley Rochereau, élevé au grade de Chevalier. Aussi, Papa Wemba et Lutumba Simaro, tous deux admis au grade supérieur de Grand Officier.
Avec cette décoration, Fally Ipupa rejoint donc directement Tabu Ley Rochereau. Ainsi, il figure parmi les rares artistes à porter les insignes de Chevalier de l’Ordre national du Léopard.
Un rang que plusieurs légendes de la musique n’ont jamais obtenu
Cette nomination prend une dimension particulière lorsqu’elle est comparée au parcours d’autres figures emblématiques de la musique congolaise.
Des artistes de renom tels que Koffi Olomide, King Kester Emeneya, Jossart Nyoka Longo, Lokua Kanza, Tshala Muana ou encore Mbilia Bel n’ont jamais été admis dans l’un des cinq grades de l’Ordre national du Léopard.
La plupart d’entre eux ont néanmoins été distingués par des médailles honorifiques dans les domaines des Arts, lettres et sciences. Toutefois, ils n’ont pas accédé à l’un des grades officiels de l’Ordre.
D’autres grandes figures populaires, notamment JB Mpiana, Werrason et Reddy Amisi, ont reçu des médailles d’argent. Pourtant, elles n’ont pas été intégrées à la hiérarchie de l’Ordre national.
Les cinq grades de l’Ordre national du Léopard
L’Ordre national du Léopard est structuré autour de cinq grades hiérarchiques :
Grand Cordon, la plus haute distinction, attribuée notamment à Étienne Tshisekedi, Léon Kengo wa Dondo, le cardinal Laurent Monsengwo Pasinya, Tharcisse Tshibangu Tshishiku et Yerodia Abdoulaye Ndombasi.
Grand Officier, grade auquel ont été élevés notamment Papa Wemba, Lutumba Simaro, Apollinaire Malu-Malu, Dikembe Mutombo, le général John Numbi et le général Peter Chirimwami.
Commandeur, dont font partie plusieurs personnalités du monde académique, judiciaire et militaire, notamment le bâtonnier Mukendi et le professeur Malembe Tamandiak.
Officier, grade attribué notamment à l’ancienne gloire du football congolais Pierre Ndaye Mulamba.
Chevalier, grade auquel appartiennent désormais Tabu Ley Rochereau et Fally Ipupa.
Une reconnaissance du rayonnement culturel congolais
Au-delà de la carrière personnelle de Fally Ipupa, cette distinction apparaît comme une reconnaissance du rôle joué par les artistes dans la promotion de l’image de la RDC à travers le monde.
Depuis plus de deux décennies, le chanteur multiplie les tournées internationales, les collaborations avec des artistes de renommée mondiale et les prestations dans les plus grandes salles de spectacle. Ainsi, il contribue à maintenir la musique congolaise parmi les références culturelles du continent africain.
Son admission dans l’Ordre national du Léopard le place désormais dans une catégorie réservée à un nombre très limité de personnalités ayant marqué durablement l’histoire nationale.
À travers cette décoration, l’État congolais consacre non seulement un artiste à succès. Mais il reconnaît également un ambassadeur culturel dont l’influence dépasse largement les frontières de la République démocratique du Congo.



