Ituri : escalade des violences à Djugu et accusations de complicités armées

La détérioration de la situation sécuritaire en Ituri se confirme, notamment dans le territoire de Djugu, où les affrontements autour de la localité stratégique de Bule traduisent une recrudescence inquiétante des violences. Selon le rapport de février 2026 du Baromètre sécuritaire du Kivu, les combats entre les FARDC et la Convention pour la révolution populaire (CRP), mouvement dirigé par Thomas Lubanga, se sont intensifiés ces dernières semaines.
Le 4 février, de violents accrochages ont opposé les deux forces à Bule, faisant des victimes civiles dans un climat de grande tension. D’après plusieurs sources locales, deux civils ont été exécutés par des éléments de la CRP, soupçonnés de collusion avec l’armée régulière. Dans le même temps, huit corps ont été retrouvés à Sapali. Les victimes, appartenant à la communauté Hema, auraient été ciblées pour avoir refusé d’intégrer les rangs de la rébellion.
Dans ce contexte explosif, les FARDC pointent du doigt une possible implication de l’armée ougandaise, l’UPDF. Elles évoquent une cohabitation troublante entre les positions des rebelles et celles des forces ougandaises dans la zone de Savo, ainsi qu’une absence d’intervention face aux attaques attribuées à la CRP.
Des allégations qui restent, à ce stade, non corroborées par des sources indépendantes. Parallèlement à cette escalade militaire, la situation humanitaire continue de se dégrader. Les violences récurrentes entraînent des déplacements massifs de populations, tandis que les civils demeurent les premières victimes d’exactions répétées.
Malgré l’instauration de l’état de siège en 2021, les efforts de stabilisation peinent à produire des résultats durables. La convergence opérationnelle entre la CRP et le groupe armé Zaïre semble accentuer la complexité du conflit et nourrir une spirale de violence persistante.
Face à l’ampleur de la crise, des appels se multiplient en faveur d’une mobilisation plus soutenue de la communauté internationale, afin d’enrayer l’insécurité et d’apporter une réponse durable à une crise humanitaire qui tend à s’enraciner.


