
L’Inspection générale des finances entre dans une nouvelle ère avec son chef de service Christophe Bitasimwa Bahii. Le successeur de Jules Alingete veut rompre avec les méthodes classiques de contrôle pour imposer une approche fondée sur la technologie, l’exploitation des données et la surveillance permanente des flux financiers publics.
Lors de sa première sortie médiatique, le chef de service de l’IGF a dévoilé son plan stratégique 2026-2028 axé sur le “contrôle systémique”. Une réforme qui vise à faire de l’institution un véritable centre d’intelligence financière capable d’anticiper les détournements avant même qu’ils ne soient commis.
Pour Bitasimwa, les contrôles ponctuels et les audits traditionnels ne suffisent plus face à des circuits financiers de plus en plus complexes et numérisés. Désormais, l’IGF entend connecter progressivement ses systèmes aux différents flux économiques afin de disposer d’une vision globale et continue des finances publiques. “Maîtriser les flux économiques, c’est sécuriser chaque franc”, a résumé le patron de l’IGF.
Cette nouvelle stratégie repose sur la digitalisation des procédures, l’analyse prédictive, les tableaux de bord automatisés ainsi que la constitution d’une base de données indépendante permettant à l’IGF de ne plus dépendre uniquement des informations fournies par les structures contrôlées.
Christophe Bitasimwa estime que les méthodes traditionnelles ont montré leurs limites face à des réseaux de fraude utilisant des outils technologiques avancés. Il affirme même que cette nouvelle architecture permettra de retracer certaines malversations remontant jusqu’à trente ans.
Le plan prévoit une mise en œuvre progressive : lancement des projets pilotes en 2026, montée en puissance numérique en 2027 et maturité complète du système en 2028. Le chef de l’IGF a également présenté plusieurs résultats enregistrés depuis sa prise de fonctions. L’institution affirme avoir intégré près de 3 000 contribuables inactifs dans le répertoire fiscal, augmenté les prises en charge de 52 % et généré plusieurs centaines de milliards de francs congolais de recettes supplémentaires grâce aux opérations de contrôle.
Dans la lutte contre les dépenses irrégulières, l’IGF annonce aussi avoir permis près de 690 millions de dollars d’économies sur les remboursements TVA et détecté plus de 38 000 agents fictifs dans les fichiers de paie de plusieurs services publics.
Christophe Bitasimwa a finalement révélé que huit dossiers ont déjà été transmis à la justice depuis son arrivée à la tête de l’institution. Il insiste toutefois sur le fait que la mission principale de l’IGF reste avant tout de prévenir les détournements et de sécuriser les finances publiques.


