Sankuru : Fwamba débloque un financement pour reconstruire le pont Yengela

L’effondrement du pont Yengela continue de peser lourdement sur la province du Sankuru, où la circulation sur l’axe reliant Lodja à Dibele via la RN7 demeure interrompue depuis plusieurs mois. Situé à proximité de Bena Dibele, cet ouvrage stratégique, fragilisé par le temps, avait cédé sous le poids d’un camion de marchandises, coupant un corridor essentiel aux échanges économiques.

Depuis, toute une région vit au rythme d’un enclavement prolongé. L’approvisionnement en produits de première nécessité s’est considérablement dégradé, entraînant une flambée des prix sur les marchés locaux. Les carburants, notamment, ont vu leurs coûts grimper en flèche, avec des répercussions directes sur l’ensemble des biens de consommation.

Une situation qui fragilise davantage le tissu économique local et accentue la précarité des populations. Ce blocage logistique impacte également les projets structurants de la province. Le pont Yengela constituait un passage clé pour l’acheminement des matériaux destinés à l’aéroport de Lodja depuis Kinshasa. L’arrêt du trafic ralentit ainsi significativement l’avancement de ce chantier, jugé crucial pour le désenclavement du Sankuru.

Pourtant, les bases d’une solution existaient déjà. Les équipements nécessaires à la reconstruction étaient disponibles depuis 2025 au port de Bena Dibele. Mais l’absence de financement avait jusque-là empêché le lancement des travaux, laissant la situation se détériorer.

Face à l’urgence, les appels à l’intervention des autorités se sont multipliés. Le plaidoyer du député Lambert Mende a contribué à accélérer la prise de décision. Saisi du dossier, le ministre des Finances Doudou Fwamba a acté la mobilisation des ressources nécessaires, ouvrant la voie à une relance imminente du chantier.

Cette décision marque un tournant décisif. Elle devrait permettre à l’Office des routes et à ses partenaires techniques d’engager, dans les plus brefs délais, les travaux de reconstruction. Pour les habitants, durement éprouvés par la hausse du coût de la vie et les difficultés d’approvisionnement, cette annonce ravive l’espoir d’un retour progressif à la normale.

À l’approche de la saison des pluies, qui menace d’aggraver l’état déjà précaire des infrastructures, la rapidité d’exécution sera déterminante. Plus qu’un simple ouvrage à reconstruire, le pont Yengela incarne un enjeu majeur, celui de reconnecter une province isolée et de relancer une dynamique économique aujourd’hui à l’arrêt.