Ebola en RDC : plus de 3.000 décès, les structures de prise en charge sous pression

La situation épidémiologique liée à Ebola continue de s’aggraver en République démocratique du Congo. Le pays a dépassé le seuil de 3.000 décès depuis le début de l’épidémie provoquée par le virus Bundibugyo, alors que plusieurs centres de traitement font désormais face à une forte pression.

D’après le rapport de situation arrêté au 31 août par l’Institut national de santé publique, 6.186 cas confirmés ont été recensés depuis le début de l’épidémie. Parmi eux, 3.007 personnes sont décédées et 1.409 ont été déclarées guéries. La létalité s’élève à 48,6 %.

La circulation du virus reste particulièrement active. En 24 heures, les autorités sanitaires ont confirmé 86 nouvelles contaminations, principalement en Ituri, qui en totalise 49. Le Nord-Kivu a enregistré 32 nouveaux cas et le Haut-Uélé cinq.

La même journée a été marquée par 57 décès supplémentaires. La majorité, soit 43, sont survenus dans les communautés, contre 14 dans les centres de traitement. Dans le même temps, 26 malades ont été déclarés guéris.

L’Ituri reste au cœur de cette crise sanitaire. Sur les 6.186 cas recensés à travers le pays, 5.065 proviennent de cette seule province, où 2.305 décès ont déjà été enregistrés. Elle concentre ainsi plus de huit cas sur dix recensés en RDC.

La maladie s’est déjà propagée dans 28 des 36 zones de santé de l’Ituri. Cette progression rapide pèse lourdement sur les capacités de prise en charge, avec plusieurs structures sanitaires saturées, notamment dans les zones de Bambu, Nizi, Kigonze et Lolwa.

Au Nord-Kivu, la pression est également forte. La province compte 868 cas confirmés et 589 morts. Avec une létalité de 67,9 %, elle affiche une proportion de décès particulièrement élevée. Les centres de traitement et d’isolement y accueillaient 283 patients pour une capacité totale de 220 lits, soit une occupation supérieure aux capacités disponibles.

Katwa, Butembo et Beni restent parmi les foyers les plus actifs du Nord-Kivu. Ces trois zones de santé ont totalisé 26 nouvelles contaminations au cours de la dernière journée couverte par le rapport.

Au-delà de l’Ituri et du Nord-Kivu, l’épidémie s’étend désormais à six provinces. Le Haut-Uélé, la Tshopo, le Sud-Kivu et le Bas-Uélé sont également concernés. Au total, 60 zones de santé sont affectées.

Les autorités sanitaires tentent parallèlement de renforcer le traçage des contacts afin de limiter les chaînes de transmission. Sur 25.560 personnes identifiées comme contacts, 22.499 ont été suivies, représentant une couverture de 88 %.

Mais la riposte ne se joue pas uniquement dans les centres de traitement. Les équipes sanitaires doivent également composer avec les difficultés d’accès à certaines localités et les réticences d’une partie de la population. Vingt refus d’isolement ont notamment été signalés en Ituri, tandis que neuf dépouilles n’ont pas pu faire l’objet de prélèvements en raison de résistances communautaires.

Déclarée officiellement en mai 2026, cette épidémie provoquée par le virus Bundibugyo est la 17e flambée d’Ebola enregistrée en RDC. Avec plus de 3.000 morts et des structures sanitaires déjà saturées dans plusieurs foyers, son évolution continue de mettre à rude épreuve le dispositif national de riposte.