Procès Rebo : le tribunal rendra son verdict le 20 août

Après plusieurs audiences marquées par des débats contradictoires, le tribunal militaire de garnison de Kinshasa-Ngaliema a pris, ce lundi 10 août 2026, l’affaire impliquant la chanteuse Rebo et plusieurs militaires en délibéré. Le verdict sera rendu le jeudi 20 août prochain.

La dernière audience n’a pas été sans tension. La défense de la chanteuse a notamment demandé au tribunal de permettre à sa cliente de s’absenter momentanément pour s’occuper de sa fille qui avait besoin d’elle. Les juges n’ont pas accédé à cette requête et l’audience s’est poursuivie.

Un autre épisode a provoqué de vifs échanges entre avocats. Dans sa plaidoirie, un conseil de la partie civile a qualifié l’ex-compagne de Innoss’B de « dangereuse », développant un argumentaire autour de sa beauté et de l’influence qu’elle aurait exercée sur certaines personnes. La défense de l’artiste a immédiatement contesté ces propos, donnant lieu à une vive altercation entre les deux camps.

Au cœur de cette affaire, l’interprète de “Mobambo” est poursuivie pour incitation de militaires à commettre des actes contraires à la loi et à la discipline des FARDC. Neuf militaires figurent également parmi les prévenus, sur les treize initialement poursuivis pour des faits présumés de torture, d’extorsion, de concussion et de violation des consignes militaires.

Avant que le tribunal ne prenne l’affaire en délibéré, la chanteuse a eu l’occasion de s’exprimer une dernière fois. Face aux juges, elle a maintenu la même ligne de défense. Elle se dit innocente et affirme n’avoir sollicité aucun militaire ni aucune autorité dans cette affaire.

« Depuis le début de ce procès, je ne fais que dire la vérité. Depuis que ce dossier a débuté, je n’ai pas de paix. Heureusement, le Seigneur me donne la force de tenir. Je suis chrétienne et je ne suis pas habituée à mentir. Je dis toujours la vérité, rien que la vérité », a déclaré Rebo.

Elle a ensuite catégoriquement rejeté toute relation avec les militaires impliqués dans le dossier : « Dans ce dossier, je suis innocente. Je n’y suis pour rien et je n’ai aucune relation avec les militaires. Je n’ai jamais appelé quelqu’un pour intervenir, qu’il soit militaire ou membre du gouvernement. Tout le pays m’a collé des maris au dos. Je suis choquée. »

Pour la chanteuse, sa célébrité aurait également contribué à la placer au centre de cette affaire : « Monsieur le Président, que la justice fasse son travail et que chacun soit responsable de ses actes. Depuis le début de ce procès, on me fait porter le chapeau. Parce que je suis Rebo ? Parce que je suis une artiste ? »

Rebo Tchulo a terminé son intervention en invoquant sa foi et en réaffirmant sa confiance dans la justice : « J’ai confiance en la justice. Dieu connaît nos cœurs et il sait qui ment et qui dit la vérité. Même si, devant les hommes, cela ne se voit pas, chaque personne ici qui ment à mon nom paiera devant Dieu. »

Les débats sont désormais clos. Après plusieurs semaines durant lesquelles chaque partie a défendu sa version des faits, le dossier est entre les mains des juges. Rebo et les autres prévenus connaîtront leur sort le jeudi 20 août 2026.