
La RDC peine encore à identifier suffisamment tôt les personnes exposées à Ebola. Alors que l’épidémie a déjà fait plus de 2.000 morts dans cinq provinces, les autorités préparent une nouvelle approche pour tenter de reprendre le contrôle des chaînes de transmission.
Le constat dressé par Africa CDC est préoccupant. Seulement 10 % environ des contacts qui devraient être retrouvés sont identifiés. Et près de 80 % des nouvelles contaminations apparaîtraient sans lien établi avec les chaînes déjà surveillées. Une situation qui complique fortement l’interruption de la circulation du virus.
C’est désormais au niveau communautaire que Kinshasa veut concentrer ses efforts. Dans les villages touchés, des agents recrutés au sein même des communautés devraient devenir les premiers relais de la riposte. Leur travail ira de la détection des alertes au suivi des contacts, en passant par l’orientation des cas suspects, l’appui à la vaccination et l’accompagnement des enterrements sécurisés.
Le gouvernement veut également renforcer l’arsenal médical. Il étudie l’utilisation d’Ervebo contre l’épidémie actuelle provoquée par la souche Bundibugyo, alors que ce vaccin est homologué contre Ebola Zaïre. Une éventuelle administration se ferait donc sous protocole scientifique et ciblerait principalement les personnes les plus exposées.
Des traitements et mesures préventives sont aussi envisagés, notamment le remdesivir pour certains patients confirmés et l’obeldesivir après exposition chez certains contacts à haut risque. À cela pourraient s’ajouter la gratuité temporaire des soins essentiels dans les zones affectées et une meilleure régularité dans la rémunération des équipes sanitaires.
Une étape importante est attendue mercredi 12 août. La RDC doit officiellement solliciter des doses d’Ervebo auprès de l’International Coordinating Group. Africa CDC pousse pour une procédure accélérée afin de permettre leur acheminement rapide par l’UNICEF si l’autorisation est accordée.
Avec 53 zones de santé déjà touchées et plus de 60 % des décès enregistrés dans les communautés, l’enjeu est désormais de détecter le virus avant qu’il ne continue à circuler hors des radars sanitaires.


