
Battu 2-0 par la France en quarts de finale, le jeudi 9 juillet, le Maroc a été la dernière sélection africaine à quitter la Coupe du monde 2026. Avant cette élimination, les Léopards de la RDC avaient déjà marqué les esprits grâce à un parcours courageux, symbole d’une Afrique de plus en plus compétitive, mais toujours en quête du dernier palier.
Pour leur retour sur la scène mondiale, les Congolais ont réalisé une campagne pleine de promesses. Accrocheurs face au Portugal en phase de groupes, ils ont ensuite fait vaciller l’Angleterre en huitièmes de finale avant de s’incliner de justesse (2-1), au terme d’une prestation qui a confirmé leur capacité à rivaliser avec les meilleures nations du football mondial.
Cette performance des Léopards s’inscrit dans une dynamique plus large. Dix sélections africaines avaient décroché leur qualification pour ce premier Mondial à 48 équipes : l’Afrique du Sud, l’Algérie, le Cap-Vert, la Côte d’Ivoire, l’Égypte, le Ghana, le Maroc, la RDC, le Sénégal et la Tunisie. Une représentation historique qui nourrissait de grandes ambitions.
Le Maroc a une nouvelle fois porté les espoirs du continent. Les Lions de l’Atlas ont signé un parcours solide, débutant par un match nul face au Brésil avant d’enchaîner trois victoires contre l’Écosse, Haïti et les Pays-Bas. Leur aventure s’est toutefois arrêtée face à une équipe de France supérieure dans tous les compartiments du jeu, quatre ans après leur élimination contre les Bleus en demi-finale de la Coupe du monde 2022.
D’autres sélections africaines ont également démontré leur potentiel sans parvenir à franchir un cap. Le Sénégal a vu son avance de deux buts s’envoler face à la Belgique, qui s’est finalement imposée 3-2 après prolongation. La Côte d’Ivoire, séduisante dans le jeu, a fini par céder devant la Norvège d’Erling Haaland (2-1). Quant à l’Égypte, elle menait 2-0 contre l’Argentine avant d’encaisser trois buts dans le dernier quart d’heure et de quitter la compétition avec d’immenses regrets.
Au-delà des résultats, un constat s’impose : les équipes africaines savent désormais rivaliser avec les plus grandes nations, mais peinent encore à gérer les moments décisifs. Les dernières minutes des rencontres à élimination directe ont souvent été fatales, révélant un manque d’expérience dans les rendez-vous les plus importants.
Le journaliste spécialiste du football africain Philippe Doucet estime d’ailleurs que le continent n’a pas encore franchi un nouveau cap sur la scène mondiale. Selon lui, le bilan n’est « ni décevant ni anormal ». Si l’Afrique confirme sa capacité à sortir des phases de groupes, elle ne dispose pas encore d’une sélection capable de viser le sacre mondial.
Le nouveau format à 48 équipes relativise également certaines performances. Malgré un nombre record de représentants, seules deux sélections africaines ont atteint les huitièmes de finale, soit le même total que lors de plusieurs éditions précédentes.
Cette Coupe du monde laisse toutefois de nombreux motifs d’espoir. Outre les prestations encourageantes de la RDC, le Cap-Vert a créé la surprise en restant invaincu durant la phase de groupes, notamment face à l’Espagne, avant de pousser l’Argentine jusqu’en prolongation lors d’un huitième de finale spectaculaire finalement perdu 3-2.
Au final, le football africain repart avec davantage de certitudes que de regrets. Les résultats n’ont pas égalé l’exploit historique du Maroc, demi-finaliste en 2022, mais ils confirment une progression collective. À quatre ans de la Coupe du monde 2030, que le Maroc coorganisera, le continent peut nourrir l’ambition de transformer ses promesses en véritable exploit.


