Ville morte à Kinshasa, Daniel Bumba rejette le mot d’ordre de l’opposition

À la veille de la journée “ville morte” décrétée par la coalition C64, les autorités provinciales de Kinshasa affichent leur détermination à maintenir le fonctionnement normal de la capitale. Réuni mardi 2 juin 2026 en session sécuritaire spéciale, le gouverneur Daniel Bumba a assuré que les activités se poursuivront sans interruption sur l’ensemble du territoire de la ville.

Les établissements scolaires, les marchés, les commerces, les transports en commun ainsi que les services administratifs ont été appelés à fonctionner normalement. En réponse à l’appel de l’opposition visant à paralyser la capitale pour protester contre la proposition de loi sur l’organisation du référendum, l’exécutif provincial rejette toute perspective de ralentissement des activités.

Cette confrontation place désormais le rendez-vous du 3 juin au cœur d’un véritable test politique. Pour la coalition C64, il s’agit d’évaluer sa capacité de mobilisation populaire dans un contexte marqué par les débats autour d’une éventuelle réforme constitutionnelle.

Les leaders de l’opposition, emmenés notamment par Martin Fayulu, ont invité la population à observer la journée de protestation en s’abstenant de se rendre à l’école, au travail ou dans les marchés. Le président de l’Ecidé présente cette action comme un moyen d’exprimer le rejet de la proposition de loi relative au référendum.

L’enjeu est de taille pour le C64. Une participation significative de la population pourrait être interprétée comme un soutien à ses revendications et renforcer son poids politique dans le débat national. À l’inverse, un faible suivi de l’appel risquerait de raviver les critiques sur la capacité de l’opposition à mobiliser les citoyens autour de ses combats.

Au-delà de la question référendaire, les responsables de la coalition mettent également en avant la situation sécuritaire dans l’est du pays. Ils estiment que le contexte actuel ne favorise pas l’ouverture d’un processus susceptible de conduire à une révision constitutionnelle, la priorité devant, selon eux, rester le rétablissement de la paix dans les zones affectées par les conflits.

Plusieurs composantes du C64 ont relayé l’appel à la mobilisation. Les cadres de l’Alliance pour le changement de Jean-Marc Kabund-a-Kabund ainsi que les militants d’Envol de Delly Sesanga dénoncent ce qu’ils considèrent comme une menace pour l’esprit de la Constitution et les principes de l’alternance démocratique.

Face à cette montée des tensions politiques, les services de sécurité ont renforcé leur dispositif. Le commissaire divisionnaire adjoint Israël Kantu a réuni les responsables des unités d’intervention et des services spécialisés afin d’anticiper tout incident. Les autorités rappellent que les citoyens qui ne souhaitent pas participer au mouvement demeurent libres de poursuivre leurs activités sans entrave.

La journée du 3 juin apparaît ainsi comme un moment décisif, tant pour l’opposition qui cherche à démontrer sa force de mobilisation que pour les autorités déterminées à préserver le fonctionnement normal de la capitale.