Beni : 14 morts dans une nouvelle attaque attribuée aux ADF

Au moins quatorze personnes, dont treize civils et un militaire des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), ont été tuées dans la nuit du samedi 30 au dimanche 31 mai lors d’une nouvelle attaque attribuée aux rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF) dans le territoire de Beni, au Nord-Kivu.

Selon le lieutenant Marc Elongo, porte-parole des opérations militaires dans la région, les assaillants, identifiés comme des combattants ADF/MTM (Alliance des forces démocratiques-Mouvement islamique Tabliq), ont quitté la forêt de Mayangose aux environs de 22 heures avec l’intention de traverser la Route nationale n°4 vers la partie ouest de Beni.

« Ils ont fait incursion dans une zone lacunaire située entre les localités de Ngadi et Mavivi. Au cours de cette infiltration, ils ont tué six paisibles citoyens. En poursuivant l’ennemi, un militaire est tombé, arme à la main », a indiqué l’officier.

Parmi les victimes figurent plusieurs membres de la communauté pygmée de Ngadi, dont le comédien, danseur et humoriste Nzanzu Mangese, personnalité bien connue dans la région. Son père et son jeune frère comptent également parmi les personnes tuées.

La même nuit, sept autres corps de civils ont été découverts sur l’axe Vemba-Katota, dans la partie ouest de Beni. Les dépouilles ont été retrouvées dimanche matin par des habitants se rendant aux offices religieux.

Cette nouvelle attaque ravive les inquiétudes sur la persistance de l’insécurité dans le territoire de Beni, malgré les opérations conjointes menées par les FARDC et les Forces de défense du peuple ougandais (UPDF). Selon l’armée, les forces engagées ont réussi à stopper la progression des assaillants vingt-quatre heures après leur incursion et poursuivent actuellement leur traque.

À Ngadi, le camp des Pygmées porte encore les traces du passage des rebelles. Entre habitations désertées et scènes de désolation, les rescapés tentent progressivement de regagner leurs foyers, tandis que la population demeure plongée dans la peur et l’incertitude face à la recrudescence des violences dans la région.