Ebola : Kinshasa sollicite un traitement américain contre la souche Bundibugyo

Le gouvernement congolais a annoncé l’ouverture de discussions avec l’administration américaine afin d’obtenir un anticorps monoclonal expérimental destiné à combattre la souche Bundibugyo du virus Ebola. L’objectif est de lancer un essai clinique dans le cadre de la 17e épidémie qui touche actuellement le pays.

Le ministre de la Santé publique, Roger Kamba, a révélé mardi 26 mai à Kinshasa que les autorités sanitaires congolaises avaient officiellement saisi les États-Unis pour accéder à ce traitement innovant développé par des chercheurs américains.

Lors d’un briefing conjoint avec le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, Roger Kamba a expliqué que ce traitement expérimental agit potentiellement sur plusieurs variantes du virus Ebola, notamment les souches Zaïre, Soudan et Bundibugyo.

« Les Américains avaient développé un traitement, un anticorps monoclonal, qui a agi sur les trois types d’Ebola », a-t-il déclaré, précisant que ce produit n’avait jusqu’ici jamais été déployé sur le terrain, les précédentes flambées ayant principalement concerné la souche Zaïre.

Selon le ministre, les échanges avec Washington sont déjà à un stade avancé et une réponse des autorités américaines est attendue dans les prochains jours. En attendant une éventuelle autorisation, la prise en charge des patients reste essentiellement basée sur les soins symptomatiques. Les équipes médicales poursuivent notamment les traitements de réhydratation, l’assistance respiratoire pour les cas graves ainsi que l’administration d’antiviraux à large spectre afin de limiter les complications.

Parallèlement, la riposte sanitaire s’articule autour de trois axes majeurs notamment la prise en charge des cas confirmés, la communication de risque auprès des populations et la surveillance épidémiologique.

Le gouvernement mise notamment sur une forte mobilisation communautaire pour freiner la propagation du virus. Des équipes de terrain ont été déployées auprès des chefs coutumiers, responsables religieux, élèves et organisations locales afin de sensibiliser les communautés aux mesures de prévention, notamment l’évitement des contacts physiques et l’organisation d’enterrements sécurisés.

Le troisième pilier de la stratégie consiste à identifier rapidement les cas contacts, les tester puis les isoler afin de casser la chaîne de transmission. Roger Kamba a insisté sur la nécessité d’un isolement strict des personnes infectées pour éviter toute propagation dans les zones affectées.

Les autorités sanitaires congolaises espèrent désormais que l’introduction du traitement expérimental viendra renforcer le dispositif actuel de riposte et accélérer le contrôle de cette nouvelle flambée d’Ebola.