
Le gouvernement congolais veut éviter une nouvelle catastrophe sanitaire dans l’Est du pays. Confronté à la réapparition du virus Ebola dans plusieurs provinces, le Président Félix Tshisekedi a réuni mercredi 20 mai 2026 un Conseil des ministres extraordinaire consacré à la situation épidémiologique qui inquiète désormais les autorités sanitaires internationales.
Au cours de cette réunion, le Chef de l’État a demandé un renforcement immédiat des mécanismes de riposte dans les zones touchées, particulièrement en Ituri, au Nord-Kivu et au Sud-Kivu. L’objectif affiché par Kinshasa est de multiplier les actions de prévention avant une éventuelle propagation plus large de la maladie dans d’autres provinces.
Parmi les principales décisions annoncées figure l’organisation de vastes campagnes de sensibilisation dans les établissements scolaires et universitaires. Les ministères de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur ont été appelés à travailler avec les services sanitaires afin d’informer les élèves, étudiants et enseignants sur les mesures de protection contre Ebola.
Le pouvoir compte aussi sur les responsables religieux pour relayer les messages de prévention auprès des populations. Les Églises et les différentes confessions religieuses sont invitées à encourager le respect des consignes sanitaires dans les lieux de culte et dans les communautés locales, alors que les autorités craignent une amplification des contaminations dans certaines zones densément peuplées.
Cette nouvelle flambée épidémique intervient dans un pays déjà fragilisé par les conflits armés et les déplacements massifs de populations. Dans l’Est de la Rd-Congo, plusieurs territoires vivent sous pression humanitaire avec des millions de personnes déplacées et un accès limité aux soins médicaux. Cette situation complique davantage le travail des équipes de santé déployées sur le terrain.
L’Organisation mondiale de la santé a d’ailleurs élevé le niveau d’alerte autour de cette épidémie liée à la souche Bundibugyo. L’institution évoque notamment la présence de cas au-delà des frontières rd-congolaises et l’absence actuelle de vaccin homologué contre cette variante du virus. Pour Tedros Adhanom Ghebreyesus, la situation nécessite une vigilance internationale renforcée même si elle ne correspond pas encore au scénario d’une pandémie mondiale.


