
Invité de l’émission Le Débat sur Radio Top Congo ce mardi 19 mai 2026 à Kinshasa, le professeur Jean-Jacques Muyembe a livré des révélations fortes sur la situation sanitaire et le fonctionnement de Institut National de Recherche Biomédicale, alors que la République démocratique du Congo fait face à sa 17e épidémie d’Ebola.
Dans un contexte marqué par la propagation inquiétante du virus, notamment dans l’Est du pays, le scientifique congolais a dénoncé l’absence de soutien concret des autorités nationales envers l’institution qui constitue pourtant la première ligne de défense sanitaire du pays.
« Si l’INRB fonctionne, c’est grâce à l’aide des USA. Nous ne recevons rien de l’État congolais », a déclaré le Dr Muyembe, visiblement préoccupé par le manque d’accompagnement des pouvoirs publics.
Cette sortie intervient alors que l’épidémie d’Ebola continue de susciter l’inquiétude à travers le pays.
Le patron de l’INRB a rappelé que son institution joue un rôle capital dans la surveillance biologique, les recherches scientifiques et les réponses face aux épidémies qui frappent régulièrement la RDC.
Le professeur Muyembe a également insisté sur l’importance stratégique de la biobanque nationale conservée par l’INRB, un patrimoine scientifique précieux pour la RDC et pour la recherche mondiale.
« La biobanque ailleurs serait protégée », a-t-il regretté, laissant entendre que les infrastructures et les ressources scientifiques du pays ne bénéficient pas de la protection ni des investissements qu’elles méritent.
Cette déclaration sonne comme un véritable appel à la responsabilité de l’État congolais, à un moment où le pays est confronté à des défis sanitaires majeurs. Malgré les avancées scientifiques et l’expertise reconnue mondialement de l’INRB, le professeur Muyembe estime que les efforts reposent encore largement sur les partenaires internationaux, principalement les États-Unis, qui soutiennent les activités de recherche et de riposte aux épidémies.
Alors que la RDC lutte une nouvelle fois contre Ebola, le financement de la recherche scientifique, la souveraineté sanitaire du pays et la place accordée à la santé publique dans les priorités nationales s’avère ô combien nécessaire.


