La colère enfle autour de la gestion sécuritaire de Kinshasa. Le mouvement des Jeunes patriotes congolais de la diaspora (JPCD), conduit par Fabrice Kasongo Tshibangu, hausse de nouveau le ton après une attaque armée particulièrement violente survenue dans la commune de N’djili, dans la nuit de lundi à mardi. Le collectif réclame ouvertement le départ du gouverneur de Kinshasa, Daniel Bumba, ainsi que la démission du ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, qu’il accuse d’“incapacité manifeste” face à la montée de l’insécurité dans la capitale congolaise.
Selon les informations relayées par les JPCD, les faits se sont déroulés entre 2 heures et 4 heures du matin. Deux véhicules de type Hiace, transportant chacun plusieurs hommes armés, auraient fait irruption dans une église où des fidèles passaient la nuit en prière.
Les assaillants ont braqué les croyants avant de saccager les bureaux du pasteur et du trésorier, emportant argent et objets de valeur. Mais le scénario de terreur ne s’est pas arrêté là. Après l’attaque de l’église, les hommes armés ont traversé vers un hôpital voisin, semant une nouvelle vague de panique. Malades, accompagnateurs et personnel soignant auraient été dépouillés de leurs téléphones, argent et effets personnels.
Le drame a atteint son paroxysme dans le service de maternité. D’après les témoignages évoqués par le mouvement, une femme en plein accouchement a subi un choc traumatique provoqué par l’irruption des hommes armés. La panique engendrée par cette scène a entraîné de graves complications, causant la perte du bébé.
Pour les JPCD, cette nouvelle attaque illustre “l’effondrement inquiétant de l’autorité de l’État” dans la capitale. Le mouvement estime que l’insécurité a désormais franchi un seuil critique.
“Après les domiciles, les banques et les cambistes, les criminels s’attaquent maintenant aux églises et aux hôpitaux. Si rien n’est fait, demain ce seront les écoles”, dénonce le mouvement dans une déclaration ferme.
Depuis la Belgique, les membres du JPCD affirment suivre quotidiennement la situation sécuritaire de Kinshasa et dénoncent ce qu’ils considèrent comme une gouvernance déconnectée des réalités vécues par la population. Fabrice Kasongo Tshibangu accuse directement le gouverneur Daniel Bumba d’avoir échoué à instaurer une politique sécuritaire efficace dans la ville-province.
Pour le leader du collectif Fabrice Kasongo Tshibangu, Kinshasa donne aujourd’hui l’image d’une capitale abandonnée, où les citoyens vivent au rythme des braquages, des incursions armées et de la peur permanente.
Le ministre de l’Intérieur Jacquemain Shabani est également sévèrement critiqué. Les JPCD lui reprochent de n’avoir apporté aucune réponse concrète à la recrudescence de l’insécurité observée non seulement à Kinshasa, mais aussi dans plusieurs provinces du pays.
« Un État qui ne protège plus ni les malades, ni les femmes en accouchement, ni les croyants dans leurs lieux de prière, perd progressivement sa crédibilité », martèle le leader JPCD, Fabrice Kasongo Tshibangu qui parle d’une faillite sécuritaire devenue “intolérable”.
Face à cette situation, les Jeunes patriotes congolais de la diaspora exigent des mesures urgentes pour sécuriser la capitale, identifier les auteurs de ces actes criminels et prendre en charge la famille frappée par ce drame humain. Le mouvement maintient par ailleurs sa position sur le départ du gouverneur Daniel Bumba et réclame également la démission de Jacquemain Shabani, estimant que les deux responsables ont “totalement failli à leur mission régalienne de protection des citoyens”.


