
Le secrétaire général et président intérimaire de l’UDPS, Augustin Kabuya, a vivement réagi ce lundi 11 mai aux critiques formulées ces derniers jours par plusieurs figures de l’opposition contre le président Félix Tshisekedi. Lors d’une conférence de presse animée devant des médias nationaux et internationaux, le dirigeant du parti présidentiel a multiplié les attaques contre Martin Fayulu, Corneille Nangaa, Delly Sesanga et Olivier Kamitatu, accusés de déformer les propos du chef de l’État et d’entretenir un climat de tension politique autour du débat constitutionnel.
Très offensif, Augustin Kabuya a particulièrement ciblé Martin Fayulu, leader de l’ECIDE et figure de la coalition Lamuka. Il a rejeté les déclarations de l’opposant affirmant avoir contribué à relancer l’UDPS entre 2006 et 2010, estimant qu’il s’agissait d’une “imposture historique”. Selon lui, le parti fondé par Étienne Tshisekedi est resté influent même durant les périodes les plus difficiles de son histoire.
Le patron intérimaire de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) a également remis en cause le parcours politique de Martin Fayulu avant la dynamique de Genève de 2018. Augustin Kabuya affirme que l’opposant avait sollicité le soutien de l’UDPS à une époque où il manquait encore de visibilité politique. Il a rappelé que le parti organisait déjà des activités politiques majeures, notamment le congrès de 2010 sous la direction d’Étienne Tshisekedi, alors que Fayulu n’y participait, selon lui, qu’en qualité d’invité.
Revenant sur les élections de 2011, Augustin Kabuya a reproché à Martin Fayulu de ne pas avoir respecté le mot d’ordre de boycott parlementaire lancé à l’époque par Étienne Tshisekedi. Il a également évoqué les tournées politiques menées en 2015 avec l’actuel chef de l’État pour redynamiser le parti, avant d’affirmer que l’UDPS avait battu Fayulu lors de la présidentielle de 2018.
Le dirigeant de l’UDPS s’en est aussi pris à Corneille Nangaa, ancien président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) et actuel chef de l’Alliance Fleuve Congo (AFC). Il a rejeté les accusations de tribalisme portées contre Félix Tshisekedi, estimant qu’elles visent à fragiliser le pouvoir en place.
Pour défendre le président de la République, Augustin Kabuya a mis en avant la composition des institutions nationales, affirmant que plusieurs postes stratégiques sont occupés par des personnalités non originaires du Kasaï. Il a notamment cité les présidences du Sénat et de l’Assemblée nationale, la Primature ainsi que les responsables des services de sécurité et de l’armée.
Dans le même registre, Delly Sesanga a été présenté comme un opposant “frustré”, tandis qu’Olivier Kamitatu a été qualifié d’homme “sans conviction”. Selon Augustin Kabuya, certains responsables politiques chercheraient à détourner les propos du chef de l’État afin d’alimenter une polémique autour d’un éventuel changement constitutionnel.
Le secrétaire général de l’UDPS a insisté sur le fait que Félix Tshisekedi avait simplement évoqué la possibilité de consulter la population sur certaines questions institutionnelles. Il a refusé de revenir sur les déclarations du président de la République, estimant qu’elles avaient été clairement exprimées lors de sa récente sortie médiatique.
Cette sortie musclée intervient dans un contexte de fortes tensions politiques autour du débat sur une éventuelle révision de la Constitution. Plusieurs leaders de l’opposition, dont Moïse Katumbi, Joseph Kabila, Delly Sesanga, Matata Ponyo, Claudel Lubaya, Jean-Claude Vuemba et Franck Diongo, dénoncent toute perspective de modification constitutionnelle qu’ils considèrent comme une menace pour l’alternance démocratique.
Face à cette mobilisation, l’UDPS accuse l’opposition de chercher à instaurer un climat de peur et de suspicion dans l’opinion publique. Le parti présidentiel appelle les Congolais à ne pas céder, selon ses termes, aux discours alarmistes de ses adversaires politiques.


