RDC : Le gouvernement relance le débat sur les éleveurs Mbororo

La question des éleveurs transhumants Mbororo a de nouveau occupé le devant de la scène politique lors de la conférence de presse du président Félix Tshisekedi, tenue mercredi 6 mai 2026 à Kinshasa. À cette occasion, le vice-Premier ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, est intervenu pour revenir sur ce dossier jugé sensible dans plusieurs provinces du nord-est du pays.

Le membre du gouvernement a évoqué la présence de ces éleveurs dans des zones telles que le Nord-Ubangi, le Sud-Ubangi, le Haut-Uele et le Bas-Uele, où les dynamiques de transhumance suscitent depuis plusieurs années des préoccupations au sein des communautés locales et des autorités provinciales.

Dans ce contexte, le VPM de l’Intérieur a annoncé la mise en place prochaine d’une commission multisectorielle. Celle-ci aura pour mission d’identifier les éleveurs concernés, de recenser leurs troupeaux et de cartographier leurs zones d’installation sur le territoire national. Une initiative présentée comme une étape vers une meilleure régulation de la transhumance et un encadrement plus strict des mouvements de populations concernées.

Le dossier des Mbororo reste particulièrement délicat en République démocratique du Congo, à l’instar d’autres pays d’Afrique centrale et du Sahel, où la cohabitation entre agriculteurs et éleveurs transhumants est souvent source de tensions. Conflits fonciers, contestations d’occupation des terres et inquiétudes sécuritaires figurent parmi les principaux points de friction régulièrement signalés dans certaines zones rurales.

À Kinshasa, l’exécutif envisage également l’organisation d’une réflexion nationale destinée à définir une politique globale de gestion des populations en transhumance. L’objectif affiché est de renforcer la sécurité, clarifier les règles d’occupation des terres et mieux encadrer les dynamiques migratoires internes et transfrontalières.

Cette nouvelle initiative s’inscrit dans un contexte plus large de préoccupations liées à la sécurité intérieure et à la souveraineté territoriale, alors que plusieurs régions du pays restent confrontées à des défis persistants de gouvernance et de stabilité.