
La santé mentale devient un sujet de plus en plus préoccupant à Kinshasa. Selon le Dr Emmanuel Epenge, médecin neuropsychiatre au Programme national de santé mentale du CNPP, près de 90% des habitants de la capitale congolaise seraient touchés par des troubles psychiques.
Également coordonnateur de la plateforme Congo Medika, le spécialiste décrit une pression urbaine continue qui affecte profondément les équilibres psychologiques. La croissance rapide de la ville, combinée à une organisation urbaine encore fragile, expose la population à des contraintes quotidiennes qui s’accumulent et finissent par peser sur la santé mentale.
Dans son analyse, le Dr Epenge met en avant plusieurs facteurs déterminants. Les embouteillages chroniques, qui prolongent les temps de trajet et accentuent la fatigue, figurent en première ligne. À cela s’ajoutent les difficultés d’accès à l’eau potable et à l’électricité, deux services essentiels dont l’irrégularité alimente le stress, l’anxiété et parfois des formes de détresse plus profondes.
Malgré l’ampleur du phénomène, la prise en charge reste limitée. Le spécialiste souligne que la majorité des cas ne sont ni diagnostiqués ni suivis médicalement. Le manque de structures adaptées, la faible sensibilisation du public et la persistance de certains tabous autour des maladies mentales contribuent à maintenir de nombreux patients en dehors du système de soins.


