ONU : Macky Sall mise sur le dialogue et la réforme

Candidat au poste de secrétaire général de l’Organisation des Nations unies, Macky Sall a exposé, mercredi 22 avril, les grandes lignes de sa vision, centrée sur la restauration de la confiance entre États, l’apaisement des tensions et la réduction des fractures géopolitiques. Lors de ce grand oral, l’ancien chef de l’État sénégalais a insisté sur la nécessité de relancer l’action collective dans un contexte international marqué par des divisions persistantes.

Se présentant comme un futur secrétaire général “impartial” et à l’écoute, il ambitionne de bâtir des passerelles entre nations, cultures et blocs d’influence, notamment entre le Nord et le Sud ainsi qu’entre l’Est et l’Ouest. Sa feuille de route prévoit le déploiement d’une diplomatie préventive renforcée, fondée sur l’alerte précoce, la médiation et une coopération accrue avec les organisations régionales.

Parmi ses priorités figurent également la réforme des opérations de maintien de la paix et la promotion des droits humains, qu’il considère comme universels et indivisibles. Macky Sall entend par ailleurs accélérer la mise en œuvre des Objectifs de développement durable à l’horizon 2030, tout en amorçant la réflexion sur l’agenda post-2030.

Face aux défis globaux, il alerte sur l’urgence climatique, l’alourdissement de la dette dans les pays en développement et l’aggravation des inégalités, en particulier chez les jeunes et les femmes. Pour y répondre, il plaide pour un nouveau modèle de financement du développement, estimant les ressources publiques actuelles insuffisantes pour soutenir les transformations économiques nécessaires.

Pour appuyer sa candidature, l’ancien président met en avant ses douze années à la tête du Sénégal ainsi que son expérience des forums internationaux, notamment au sein du G7 et du G20. Il revendique une capacité éprouvée à dialoguer, consulter et arbitrer dans des contextes complexes.

Dans une course qui s’annonce ouverte, Macky Sall affronte notamment Michelle Bachelet, Rafael Grossi et Rebeca Grynspan pour succéder au secrétaire général sortant, António Guterres.
Toutefois, sa candidature reste fragilisée sur le plan politique. Portée par Évariste Ndayishimiye, président en exercice de l’Union africaine, elle ne bénéficie pas du soutien officiel du Sénégal. Dakar affirme ne pas avoir endossé cette initiative, ce qui a empêché l’obtention d’un appui collectif africain.

Par ailleurs, Macky Sall est critiqué pour sa gestion des manifestations entre 2021 et 2024, marquées par des violences meurtrières, ainsi que pour des accusations liées à la transparence de la dette publique. Autant d’éléments susceptibles de peser sur une candidature qui se veut pourtant réformatrice et tournée vers le dialogue.