Accueil des Léopards à Kinshasa : la fête voulue par le gouvernement provoque un bras de fer avec les clubs européens

Le Président de la République Félix Tshisekedi a ordonné l’organisation d’un accueil populaire d’envergure à Kinshasa pour célébrer la qualification historique de la RDC à la Coupe du monde 2026. Mais cette initiative se heurte déjà aux exigences réglementaires des clubs européens.

Le chef de l’État a instruit le ministère des Sports et Loisirs de mettre en place un événement grandeur nature afin de célébrer les Léopards, qualifiés pour le Mondial 52 ans après leur dernière participation après une victoire sur la Jamaïque (1-0). À Kinshasa, les préparatifs s’accélèrent pour offrir un accueil à la hauteur de cet exploit sportif, dans un contexte de forte mobilisation populaire.

Cette célébration intervient dans un timing délicat. Les règlements de la FIFA imposent aux joueurs de regagner leurs clubs dans un délai de 48 heures après un match international. Or, plusieurs internationaux rd-congolais, dont Chancel Mbemba et Charles Pickel, n’ont pas encore rejoint leurs équipes respectives, suscitant des réactions immédiates en Europe.

À Lille, l’absence prolongée de Chancel Mbemba perturbe déjà les plans du LOSC Lille, à la veille du derby face au RC Lens. Attendu depuis jeudi, le capitaine des Léopards a été retenu pour participer à une cérémonie officielle. Le président du club, Olivier Létang, dénonce une décision unilatérale. « La Fédération congolaise a décidé de bloquer des joueurs jusqu’à lundi alors que les règlements FIFA sont clairs », a-t-il déclaré, précisant que le dossier est désormais entre les mains des instances disciplinaires.

La situation est similaire pour Charles Pickel. Retenu selon son entraîneur Manolo Gonzalez, le milieu de terrain s’expose à des sanctions de son club, RCD Espanyol. Le technicien espagnol évoque une situation inédite et confirme que des démarches ont été entreprises auprès de la FIFA. Pendant ce temps, l’Espanyol prépare son match face au Real Betis de Cédric Bakambu, qui, lui, a obtenu l’accord de son club pour se rendre à Kinshasa.

Entre impératif de célébration nationale et contraintes contractuelles, la RDC se retrouve au cœur d’un bras de fer inédit. Une situation qui pourrait faire jurisprudence dans la gestion des internationaux africains lors des grandes échéances.