Conférence des gouverneurs : l’agriculture au centre des assises à Bandundu 

L’ouverture de la 13e session de la Conférence des gouverneurs, ce 24 mars à Bandundu, dépasse le simple protocole. La présence du vice-Premier ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, souligne l’enjeu politique majeur de ces assises, celui de mesurer la capacité des provinces à transformer les promesses récurrentes en résultats concrets, en particulier dans le secteur agricole.

Durant cinq jours, les 26 gouverneurs et les présidents des assemblées provinciales se concentreront sur la transformation de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche, thèmes désormais au cœur des priorités nationales. Mais au-delà des discussions sectorielles, la question essentielle demeure celle de savoir si les provinces sont-elles prêtes à assurer la souveraineté alimentaire du pays ?

Depuis plusieurs années, les constats restent identiques à savoir la dépendance persistante aux importations, les filières locales peu structurées et les difficultés d’accès aux marchés pour les producteurs ruraux. Cette session intervient donc dans un contexte où les attentes sont élevées et où le temps des discours abstraits est révolu.

Le choix de Bandundu n’est pas fortuit. Région riche en potentiel agricole mais longtemps freinée par l’enclavement et le manque de valorisation de sa production, elle incarne le paradoxe congolais : une abondance de ressources non convertie en richesse durable.

La participation annoncée du président de la République, Félix Tshisekedi, et de la Première ministre renforce le poids stratégique de la rencontre. Elle envoie un signal pour le développement agricole n’est plus un dossier sectoriel, mais un enjeu central pour la stabilité économique et sociale du pays.

Les observateurs attendent des initiatives concrètes notamment la structuration des chaînes de valeur, le financement local de l’agriculture, logistique de transport et une réelle connexion entre zones rurales et marchés urbains. À Bandundu, cette conférence n’est pas seulement institutionnelle. Elle constitue un véritable test de gouvernance pour les provinces, appelées à démontrer que la décentralisation peut produire des résultats tangibles pour la vie quotidienne des Congolais.