Société

“Combien d’emplois pour les jeunes ?”, les JPCD interpellent le gouvernement

À l’occasion du 1er mai, les Jeunes patriotes congolais de la diaspora (JPCD) rompent avec le ton habituellement festif pour livrer un message à forte portée sociale et politique. Dans un communiqué, leur président Fabrice Kasongo Tshibangu appelle à regarder en face la réalité du chômage des jeunes et à transformer cette journée en un véritable temps d’évaluation des politiques publiques.

Au centre de cette prise de position, une interpellation claire adressée aux autorités : quel est le bilan réel de la création d’emplois en faveur de la jeunesse congolaise ? Une question directe, posée notamment au ministère de l’Emploi et de la prévoyance sociale, qui traduit le scepticisme croissant face à l’efficacité des mesures annoncées.

Le constat dressé est sans détour. Dans une ville comme Kinshasa, où les jeunes représentent la majorité de la population, l’accès à l’emploi demeure un défi majeur. Chaque année, des milliers de diplômés se heurtent à un marché du travail saturé, où les opportunités se font rares. CV déposés, candidatures envoyées, attentes prolongées. Pour beaucoup, l’insertion professionnelle relève du parcours d’obstacles.

Pour les JPCD, cette situation impose une réaction urgente et structurée. L’organisation plaide pour des actions “concrètes” et portées par un engagement réel en faveur de l’intérêt général, loin des promesses sans lendemain.Dans le même temps, le message de Fabrice Kasongo Tshibangu se veut responsabilisant à l’égard de la jeunesse. S’il reconnaît la légitimité des frustrations, le communiqué insiste sur la nécessité de dépasser la posture d’attente. L’entrepreneuriat est ainsi présenté comme une voie stratégique pour faire face à la rareté de l’emploi salarié.

Le potentiel économique du pays est, à ce titre, mis en avant. Les JPCD soulignent les opportunités qu’offre la transformation locale des produits agricoles. Des fruits comme la mangue, l’ananas ou l’orange peuvent être valorisés en jus naturels, tandis que des cultures comme le manioc et le maïs permettent de développer toute une chaîne de produits dérivés. Une approche qui vise à encourager la création de valeur sur place, plutôt que l’exportation de matières premières à faible rendement.

L’organisation insiste également sur la revalorisation des métiers techniques et artisanaux. Trop souvent négligés, des secteurs comme la maçonnerie, la menuiserie, la couture, la plomberie, l’électricité, la restauration ou encore le maquillage représentent pourtant des opportunités concrètes d’autonomie financière.

Les Jeunes patriotes congolais de la diaspora appellent à un changement de mentalité. La jeunesse congolaise, estiment-ils, dispose d’un potentiel réel mais reste insuffisamment orientée et exploitée. D’où l’urgence de passer “de la dépendance à l’initiative” et “de la plainte à la création”.

En ce jour symbolique, le message se conclut par un double appel : aux autorités, pour des politiques d’emploi efficaces et mesurables ; et aux jeunes, pour un engagement résolu dans l’action et l’entrepreneuriat. Une manière de rappeler que la question de l’emploi demeure l’un des défis majeurs du développement en République démocratique du Congo.

Emerode Kamba

Emerode kamba : journaliste, rédacteur Web Strong2Kinmoov, spécialiste en sport & culture, analyste et consultant en communication sportive.

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