Watum, Muyaya, Ngefa et Banza, les figures fortes du gouvernement Suminwa II

À quelques semaines du premier anniversaire du gouvernement Suminwa II (le 8 août prochain), les premières tendances de l’action gouvernementale commencent à se dessiner. Si l’ensemble des ministres poursuit la mise en œuvre de son programme, plusieurs membres de l’exécutif se distinguent par l’ampleur des réformes engagées, leur présence sur le terrain et la visibilité de leurs résultats.

Sur la base des initiatives menées entre février et juin 2026, Congo Nouveau a dressé un baromètre des ministres les plus en vue. L’évaluation repose notamment sur la portée des réformes entreprises, la capacité à traduire les orientations du chef de l’État en politiques publiques, la présence sur le terrain ainsi que l’impact des décisions prises.

Le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, figure parmi les personnalités les plus en vue de cette première année. Son action marque une inflexion de la politique minière nationale, avec l’ambition de faire évoluer la République démocratique du Congo d’un simple exportateur de matières premières vers un acteur de leur transformation locale.

Sous son impulsion, le secteur s’est engagé dans une restructuration articulée autour de la lutte contre la fraude, de la formalisation de l’exploitation artisanale, du renforcement de la transparence, de la valorisation des minerais et d’une meilleure redistribution des revenus miniers. Les premiers résultats se traduisent notamment par le redressement du marché du cobalt, les préparatifs de la première production commerciale de lithium congolais, le développement du complexe sidérurgique MIFOR, les travaux de prospection du cuivre dans l’espace Kasaï à travers le projet MICKA ainsi que la mise en place d’un Data Warehouse minier.

À ces avancées s’ajoutent la création de la Commission nationale de lutte contre la fraude minière, la fermeture de plusieurs sites d’exploitation illégale d’or en Ituri et la conclusion de partenariats stratégiques avec les États-Unis, le Japon, la Belgique, la Chine et le Canada afin de renforcer les investissements dans le secteur.

Au ministère de la Communication et médias, Patrick Muyaya poursuit le renforcement de la communication gouvernementale dans un contexte marqué par la guerre dans l’est du pays et la multiplication des campagnes de désinformation. Porte-parole du gouvernement, il a consolidé la cohérence de la communication institutionnelle, multiplié les interventions médiatiques et porté la campagne “Congolais Telema”, devenue un symbole de mobilisation citoyenne.

Sur le plan international, le ministre s’est également illustré par la défense de la position congolaise, en mettant en avant les revendications de Kinshasa sur les différentes tribunes diplomatiques et médiatiques.

À la Justice, Guillaume Ngefa a rapidement imprimé sa marque avec une série de réformes destinées à renforcer l’État de droit. Son action s’est notamment traduite par l’intensification de la lutte contre la cybercriminalité et la désinformation, l’audit du FRIVAO, la formation de plus de 2 500 magistrats, le renforcement de la coopération avec la Cour pénale internationale ainsi que le lancement d’un programme de modernisation des infrastructures judiciaires.

Dans le secteur des Infrastructures, John Banza pilote plusieurs projets structurants visant à améliorer la connectivité du territoire et à soutenir la relance économique. Parmi les principaux chantiers figurent la réhabilitation de la RN2, le corridor routier RDC-Angola, la construction du pont sur le fleuve Lualaba, la caravane infrastructurelle Kinshasa-Lubumbashi et la normalisation des ouvrages publics. Malgré les contraintes financières et techniques, plusieurs projets affichent une progression notable.

Sur le plan diplomatique, la ministre des Affaires étrangères Thérèse Kayikwamba Wagner a notamment contribué au retour de la RDC au Conseil de sécurité des Nations unies en qualité de membre non permanent, tout en participant à la conclusion de plusieurs accords stratégiques, notamment avec le Rwanda et les États-Unis.

À l’Économie nationale, le vice-Premier ministre Daniel Mukoko Samba concentre son action sur le désenclavement économique, le développement des infrastructures de soutien à la production et la modernisation des chaînes logistiques afin de lutter contre la vie chère.

Ces premiers indicateurs mettent en évidence une équipe gouvernementale engagée dans plusieurs réformes sectorielles d’envergure. Si les initiatives entreprises suscitent des attentes importantes, leur appréciation dépendra avant tout de leurs effets concrets sur les conditions de vie des populations. Au-delà des annonces et des ambitions affichées, l’impact réel des politiques publiques demeure le principal critère d’évaluation de l’action du gouvernement Suminwa II.