Accord de Washington : un an après, le processus de paix reste loin de ses objectifs (Rapport BAPA)

Douze mois après la signature de l’Accord de paix de Washington entre la République démocratique du Congo et le Rwanda, les avancées restent limitées. C’est le constat dressé par le Baromètre des Accords de Paix en Afrique (BAPA), qui évalue à 35 % seulement le niveau global de mise en œuvre des engagements pris par les différentes parties depuis le 27 juin 2025.

Paraphé à Washington par la ministre d’État congolaise Thérèse Kayikwamba Wagner et le ministre rwandais des Affaires étrangères Olivier Nduhungirehe, en présence du secrétaire d’État américain Marco Rubio, l’accord avait suscité l’espoir d’une désescalade durable dans l’est de la RDC. Il prévoit notamment la neutralisation des groupes armés, le retrait des forces étrangères, le renforcement de la coopération sécuritaire et le développement de projets d’intégration économique. Le dispositif est complété par le processus de Doha, consacré aux discussions entre Kinshasa et l’AFC/M23.

Dans son rapport annuel, le BAPA indique que 22 des 30 engagements inscrits dans l’accord ont connu un début d’exécution, à des niveaux variables, pour un total de 105 points sur 300. La RDC a enregistré un taux d’exécution de 31,7 % sur les obligations relevant de sa responsabilité, contre 30,6 % pour le Rwanda. La communauté internationale, composée notamment des États-Unis, du Qatar et de l’Union africaine, affiche le meilleur résultat avec un taux de réalisation de 53,5 %.

Selon les experts, plusieurs obstacles continuent de freiner la mise en œuvre de l’accord. Le manque de confiance entre Kinshasa et Kigali, le retard dans les opérations de neutralisation des FDLR, les combats persistants entre les FARDC et l’AFC/M23 ainsi que les difficultés de déploiement du Mécanisme conjoint élargi de vérification Plus (EJVM+) expliquent en grande partie la lenteur des progrès observés.

Le rapport souligne enfin que la situation sécuritaire et humanitaire dans l’est de la RDC demeure préoccupante malgré les initiatives diplomatiques engagées depuis un an. Le processus de Doha n’a pas non plus permis de rapprocher les positions entre le gouvernement congolais et l’AFC/M23. Pour le BAPA, la concrétisation des engagements dépendra avant tout d’une volonté politique plus forte des différentes parties afin de réduire l’écart entre les accords conclus sur le plan diplomatique et la réalité observée sur le terrain.