
Quitter Kinshasa pour rejoindre Lubumbashi par la route. C’est le défi que s’est lancé le ministre des Infrastructures et Travaux publics, John Banza Lunda, à travers une vaste mission d’inspection de la Route nationale n°1 (RN1), principal axe routier du pays. Pendant deux semaines, le membre du gouvernement sillonne le territoire national afin d’évaluer l’état des infrastructures, accélérer les chantiers en cours et identifier les principaux obstacles au désenclavement des provinces.
Vêtu de sa traditionnelle chemise bleue aux manches retroussées, symbole du travail de terrain, celui que certains surnomment le “cantonnier de la République” a quitté Kinshasa vendredi dernier à la tête d’une caravane infrastructurelle. Son itinéraire traverse successivement les provinces du Kwango, du Kwilu, du Kasaï et du Kasaï-Central avant de se poursuivre vers le Haut-Katanga.
À travers cette tournée de près de 2 700 kilomètres, John Banza entend mesurer les progrès réalisés sur les grands projets routiers, évaluer l’état des ouvrages publics et veiller à la bonne exécution des engagements pris par le gouvernement dans le cadre du programme de modernisation des infrastructures.
Kwango : la lutte contre les érosions au cœur des préoccupations
Première étape de la mission : Kenge, chef-lieu de la province du Kwango. Sur place, le ministre a inspecté plusieurs sites gravement affectés par l’érosion, notamment à Masikita, Forage et Kenge.
À Masikita, où les travaux sont financés en urgence par le gouvernement central, il a ordonné le renforcement du financement afin de faire face à l’ampleur du phénomène. Sur un coût global estimé à 2,1 millions de dollars, seuls 700 000 dollars ont été décaissés jusqu’à présent.
Au site de Forage, long de près d’un kilomètre et marqué par cinq têtes d’érosion actives, John Banza a exigé le lancement immédiat des travaux pour éviter une aggravation de la situation.
À Kenge, les opérations de talutage et de remblayage se poursuivent grâce au financement du Fonds national d’entretien routier (FONER). Le ministre a assuré que d’autres interventions suivront afin de contenir durablement les ravins qui menacent les infrastructures et les habitations.

Dans la province du Kwilu, la mission ministérielle s’est concentrée sur plusieurs axes stratégiques en cours de réhabilitation.
Le ministre a notamment inspecté les travaux de la route reliant Petit Kasaï à Bulungu. Ce projet prévoit l’aménagement de 60 kilomètres jusqu’à Gungu ainsi qu’une extension de 27 kilomètres vers l’hôpital de Vanga avant la phase de bitumage.
À Masamuna, il s’est également penché sur les difficultés rencontrées par les usagers et les opérateurs économiques, tout en s’enquérant de l’état d’avancement des travaux de stabilisation de la chaussée, réalisés à environ 75 %.
À Kikwit, John Banza a évalué plusieurs chantiers urbains, notamment ceux liés à la lutte contre les érosions qui menacent la ville. Il a également visité l’Hôpital général de référence, actuellement en pleine réhabilitation. De nouveaux bâtiments y sont construits tandis que les infrastructures existantes sont modernisées afin d’améliorer la capacité d’accueil de cet établissement de santé.
Le périple s’est poursuivi vers Gungu et Idiofa, où plusieurs projets routiers sont en cours. Parmi eux figurent la route Gungu-Kakobola, longue de 68,7 kilomètres, ainsi que le tronçon Ingudi-Idiofa-Ilebo, confié à l’entreprise chinoise SISC SA pour un montant de 85,8 millions de dollars.
« Aujourd’hui, le Kwilu est un vaste chantier. Sur la RN1, plus de 3 300 kilomètres sont concernés par des travaux de construction ou de réhabilitation », a déclaré le ministre.
Tshikapa : des dossiers prioritaires sur la table
À Tshikapa, dans la province du Kasaï, John Banza a été confronté à plusieurs dossiers jugés prioritaires par les autorités provinciales.
Lors d’une réunion avec le gouverneur Crispin Mukendi Bukasa, trois préoccupations majeures ont été mises en avant : les retards enregistrés sur les travaux de Kandjaji, l’état de la voirie urbaine et le blocage du projet de modernisation de l’aéroport national de Tshikapa.
Concernant ce dernier dossier, le gouvernement a annoncé la résiliation du contrat liant l’État à l’entreprise Horizon Corporation, incapable de respecter ses engagements. Les travaux ont été confiés à la société chinoise SISC SA, déjà mobilisée sur le terrain. L’exécutif prévoit également de débloquer rapidement les fonds nécessaires au démarrage effectif du chantier.

Cap sur Kananga et le Haut-Katanga
Après Tshikapa, la caravane infrastructurelle a poursuivi sa route vers Kananga. Dans le chef-lieu du Kasaï-Central, le ministre a inspecté l’aéroport en cours de modernisation ainsi que plusieurs projets de voirie urbaine.
La route Kalamba-Mbuji, corridor stratégique reliant la RDC à l’Angola et à l’Afrique australe, figure également parmi les priorités du gouvernement.
À travers cette tournée nationale, John Banza entend démontrer la volonté de l’exécutif d’accélérer la modernisation des infrastructures et de renforcer l’intégration économique du pays.
Au-delà des inspections, cette mission constitue aussi un test de performance pour les entreprises chargées des travaux et un indicateur de la capacité de l’État à concrétiser ses engagements en matière de désenclavement et de développement.


