Tshuapa : Mukoko Samba mise sur la Salonga pour relancer Monkoto à travers l’économie forestière durable

En mission économique dans la province de la Tshuapa, le vice-Premier ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, a effectué dimanche une visite à Monkoto, chef-lieu du territoire éponyme situé au cœur du bassin de la Salonga. À l’issue de cette étape, le membre du gouvernement a mis en lumière les immenses potentialités économiques de cette entité tout en appelant à une stratégie de développement fondée sur la valorisation durable des ressources forestières.

Selon Daniel Mukoko Samba, Monkoto a longtemps occupé une position stratégique dans l’économie de l’ancienne province de l’Équateur. La localité constituait alors un important centre de collecte et d’expédition vers Kinshasa, via Boende et Mbandaka, de produits agricoles et forestiers tels que le caoutchouc, le café robusta, l’huile de palme, le copal et le bois.

Cependant, a-t-il constaté, les infrastructures de transport, de transformation et de commercialisation qui soutenaient cette dynamique économique se sont progressivement dégradées au fil des années. « Le défi n’est pas l’absence de potentiel, mais la reconstruction des chaînes de valeur qui faisaient autrefois la force économique de ce territoire », a souligné Daniel Mukoko Samba.

Au-delà du constat, le VPM de l’Econat a défendu une vision ambitieuse pour l’avenir de Monkoto. Mukoko Samba estime que la présence du Parc national de la Salonga, l’un des plus vastes massifs forestiers protégés d’Afrique, offre une opportunité unique pour repositionner la cité comme un centre névralgique de l’économie forestière durable en République démocratique du Congo.

Dans la perspective du projet du Couloir Vert Kivu-Kinshasa, le vice-Premier ministre de l’Économie nationale envisage de faire de Monkoto la principale porte d’entrée du Parc national de la Salonga ainsi qu’un pôle de référence en matière de conservation, de recherche scientifique et d’écotourisme.

Pour concrétiser cette ambition, plusieurs actions prioritaires ont été identifiées. Il s’agit notamment de la réhabilitation du corridor fluvial Monkoto-Boende-Mbandaka afin de reconnecter le territoire aux grands centres de consommation, de la relance des filières agricoles historiques à fort potentiel comme le café, le cacao et le palmier à huile, ainsi que de la création d’unités locales de transformation des produits agricoles et forestiers.

Le ministre préconise également le développement de mécanismes innovants de financement liés au carbone et à la biodiversité, afin de garantir des bénéfices directs aux communautés locales engagées dans la préservation des écosystèmes. Pour Daniel Mukoko Samba, la relance économique de Monkoto doit s’inscrire dans une logique de complémentarité entre développement et conservation.

« La renaissance de Monkoto ne se fera pas contre la forêt, mais grâce à elle. La conservation de la Salonga et le développement économique des populations doivent devenir les deux faces d’une même stratégie de prospérité durable », a-t-il affirmé.

Cette vision s’inscrit dans la volonté du gouvernement de promouvoir une croissance économique respectueuse de l’environnement, tout en créant de nouvelles opportunités de revenus pour les populations vivant au sein des grands bassins forestiers du pays.