Ebola : aucune prime de 5 000 dollars pour les décès, assure l’INSP

Face à la montée des rumeurs autour de l’épidémie d’Ebola en Ituri, le directeur général de l’Institut national de santé publique (INSP), Dieudonné Mwamba Kazadi, est monté au créneau pour démentir catégoriquement les allégations selon lesquelles les acteurs de la riposte percevraient 5 000 dollars pour chaque décès enregistré.

S’exprimant à Bunia, épicentre de l’épidémie, le responsable de l’INSP a dénoncé une campagne de désinformation qu’il juge dangereuse pour les efforts de lutte contre la maladie. Il a assuré qu’aucun dispositif de la riposte ne prévoit une rémunération liée au nombre de décès recensés.

“Aucun partenaire ne paie un intervenant pour un décès. Une telle affirmation est totalement fausse”, a-t-il déclaré, rejetant des accusations susceptibles d’alimenter la méfiance des populations envers les équipes sanitaires.

Pour Dieudonné Mwamba Kazadi, cette rumeur repose sur une logique perverse laissant croire que les professionnels de santé auraient intérêt à voir le bilan humain s’alourdir. Une perception qu’il considère non seulement erronée, mais également nuisible à l’efficacité des interventions sur le terrain.

Le directeur général de l’INSP a rappelé que l’objectif de la riposte demeure la protection des populations, la détection rapide des cas et la limitation de la propagation du virus. Il a, à cet effet, exhorté les médias et les leaders communautaires à privilégier la diffusion d’informations vérifiées afin de préserver la confiance indispensable à la gestion de l’épidémie.

Cette mise au point intervient alors que la communauté internationale intensifie son soutien à la RDC. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) et les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (CDC Afrique) ont récemment annoncé un plan d’intervention de 518 millions de dollars destiné à renforcer la lutte contre Ebola au cours des six prochains mois.

Le programme prévoit notamment le renforcement de la surveillance épidémiologique, des capacités de laboratoire, de la prévention des infections ainsi que l’appui aux systèmes de santé des zones affectées ou exposées au risque de propagation.

Alors qu’aucun vaccin ni traitement homologué n’est disponible contre la souche Bundibugyo responsable de cette flambée, le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a appelé à une mobilisation rapide et coordonnée pour contenir l’épidémie avant qu’elle ne gagne davantage de terrain.

Pour les autorités sanitaires, la lutte contre Ebola ne se limite plus aux soins et à la surveillance. Elle passe également par un combat permanent contre la désinformation, considérée comme l’un des principaux obstacles à l’efficacité de la riposte.