Dégradation de Kinshasa : la prédiction de JB Mpiana se confirme

Bien avant que Kinshasa ne sombre dans les embouteillages monstres, les inondations à répétition et la pression démographique étouffante, JB Mpiana avait déjà tiré la sonnette d’alarme. À travers sa chanson “Kinshasa”, sortie il y a plus de vingt-cinq ans, l’artiste congolais dénonçait avec lucidité la dégradation progressive de la capitale et les conséquences d’une urbanisation incontrôlée.

À l’époque, ses propos sur l’exode rural massif et l’absence d’organisation urbaine avaient suscité critiques et controverses. Pourtant, les années ont fini par donner un relief particulier à son message. Aujourd’hui, Kinshasa, mégapole de plus de quinze millions d’habitants, fait face à une série de défis structurels : surpopulation, insalubrité, saturation des infrastructures et vulnérabilité accrue aux catastrophes naturelles.

Revenant sur cette chanson devenue emblématique, JB Mpiana regrette que son cri d’alerte n’ait pas été pris au sérieux plus tôt. « C’est vraiment triste. On aurait dû m’écouter depuis cette époque. Je me rappelle avoir eu des problèmes lorsque j’avais parlé de l’exode rural. Aujourd’hui, Kinshasa est inondée et confrontée à un surpeuplement causé par le déplacement massif des populations de la campagne vers la ville. La ville de Kinshasa est à terre », a confié l’artiste.

Pour le chanteur, la situation actuelle illustre l’échec des politiques urbaines menées depuis plusieurs décennies. Il estime néanmoins que la prise de conscience collective qui s’installe aujourd’hui constitue un premier pas vers le changement. « Je suis content que les gens se rendent compte aujourd’hui de ce que j’avais dit depuis des années. L’autorité doit faire son travail, sinon nous allons encore chanter », a-t-il lancé avec fermeté.

Au-delà de la musique, le Souverain Premier apparaît désormais comme l’une des rares voix artistiques à avoir très tôt documenté les fractures sociales et urbaines de Kinshasa. Une vision prémonitoire qui résonne aujourd’hui avec une force particulière dans le quotidien des Kinois.