
L’opposant congolais Martin Fayulu est monté au créneau ce vendredi 8 mai 2026 à Kinshasa pour dénoncer ce qu’il qualifie de « tentative de coup d’État constitutionnel » autour de la proposition de loi référendaire portée par le député Paul Gaspard Ngondankoy. Le président de l’ECiDé accuse le pouvoir de vouloir contourner les dispositions verrouillées de la Constitution afin de préparer un troisième mandat de Félix Tshisekedi.
Dans sa déclaration face à la presse, Martin Fayulu affirme que les articles 87 à 90 de cette proposition de loi ouvriraient la voie à une remise en cause des articles intangibles de la Constitution. « Le mécanisme proposé par le député Ngondankoy constitue une porte dérobée destinée à permettre ce que la Constitution interdit formellement. C’est, ni plus ni moins, une tentative de légalisation d’un coup d’État constitutionnel », déclare-t-il. L’opposant insiste également sur le caractère sacré de l’article 220 qu’il décrit comme « une clause de protection » et « un verrou constitutionnel posé par le peuple pour préserver la démocratie, l’alternance, les libertés et l’équilibre des pouvoirs ».
Dans son allocution, Fayulu critique aussi les récentes déclarations de Félix Tshisekedi concernant les élections de 2028 et le contexte sécuritaire dans l’Est du pays. « À entendre certaines de ses déclarations, on peut même se demander si la guerre que nous vivons à l’Est de notre pays n’est pas entretenue pour empêcher l’organisation des élections de 2028 », affirme-t-il. Plus loin, il accuse directement le chef de l’État de vouloir conserver le pouvoir coûte que coûte : « Les propos de Monsieur Félix Tshisekedi avaient pour but d’annoncer qu’il veut demeurer au pouvoir à tout prix. »
L’opposant appelle les députés à retirer les dispositions contestées de la proposition de loi référendaire. Il évoque aussi le précédent de janvier 2015 lorsque le Sénat avait bloqué une réforme électorale controversée après une forte mobilisation populaire. « Avec la majorité du peuple congolais, nous allons barrer la route à tout projet de troisième mandat de Monsieur Félix Tshisekedi, comme nous l’avons fait hier pour Monsieur Joseph Kabila », prévient-il.
Martin Fayulu conclut en appelant le président de la République à privilégier « le dialogue national inclusif » afin de préserver l’unité et la stabilité de la Rd-Congo.


