
Le Conseil de sécurité des Nations unies a, lors de sa séance du mercredi 15 avril consacrée à la situation en République démocratique du Congo, affiché une position largement convergente en faveur du retrait des forces rwandaises du territoire congolais. Les discussions ont mis en lumière la persistance des tensions dans l’est du pays et l’urgence d’une mise en œuvre effective des engagements diplomatiques déjà adoptés.
Au centre des échanges, la représentante adjointe des États-Unis, Tammy Bruce, a adopté un ton ferme, dénonçant la poursuite des hostilités et le maintien des troupes rwandaises en RDC, qu’elle a qualifié de facteur d’aggravation du conflit. Washington a rappelé les obligations découlant des accords de Washington, tout en appelant également Kinshasa à intensifier ses efforts contre les FDLR, présentés comme un élément clé dans la stabilisation de la région.
La France a, pour sa part, insisté sur l’application rigoureuse de la résolution 2773, adoptée à l’unanimité. Celle-ci appelle à la cessation des offensives du M23, au retrait des forces rwandaises et à la neutralisation des FDLR par les autorités congolaises. Paris a également souligné la nécessité de renforcer la dimension inclusive des processus de paix, notamment par une plus grande implication des femmes, tout en réaffirmant le principe intangible de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la RDC.
La Chine a privilégié une approche fondée sur le dialogue direct entre les parties, estimant que la solution au conflit passe par la désescalade et la concertation. Le Royaume-Uni a, de son côté, exprimé son inquiétude face à la détérioration de la situation humanitaire dans l’est du pays, marquée par des déplacements massifs de populations et une pression croissante sur les États voisins. Londres a appelé à un accès humanitaire rapide, sûr et sans entrave.
Plusieurs membres du Conseil ont également réaffirmé l’importance du rôle de la MONUSCO, appelée à renforcer le suivi du cessez-le-feu et à soutenir les efforts de stabilisation sur le terrain.
La délégation congolaise, conduite par son représentant au Conseil de sécurité, Zénon Mukongo, a réitéré la position de Kinshasa fondée sur le respect strict de la souveraineté nationale. Elle a dénoncé les causes structurelles du conflit, notamment l’exploitation illégale des ressources naturelles et l’activisme des groupes armés, tout en soulignant la dimension régionale de la crise.
Kinshasa a également plaidé pour une coordination renforcée des initiatives diplomatiques en cours, notamment celles menées à Doha, Washington et au sein de l’Union africaine, tout en réaffirmant son soutien à un renforcement du mandat de la MONUSCO dans le suivi du cessez-le-feu et la stabilisation de l’est du pays.


