« On vivait dans une époque où on avait peur de rien », les confidences de Ndagbia Mobutu

Fille du Maréchal Mobutu Sese Seko, ancien président de la République démocratique du Congo (ex-Zaïre), Ndagbia Mobutu s’est récemment confiée au média Brut. Dans un témoignage intime et sans détour, elle revient sur son enfance hors du commun, son adolescence entre l’Afrique et l’Europe, la vie familiale au sommet de l’État, mais aussi sur la résilience après la chute du pouvoir en 1994.

Durant 32 années, son père a dirigé le pays, un record dans l’histoire politique congolaise. Une longévité qui a profondément marqué sa vie, façonnant un quotidien à la fois privilégié et hors norme. « J’ai une enfance pas très banale, on se promenait toujours avec des gardes du corps », confie-t-elle.

Grandir dans l’ombre d’un chef d’État impliquait une sécurité permanente, des protocoles stricts et une exposition constante. Pourtant, malgré cet environnement exceptionnel, Ndagbia garde le souvenir d’années empreintes d’insouciance : « On vivait dans une époque où on avait peur de rien. »

Entre la Suisse, où elle était scolarisée, et différents pays d’Europe, elle découvre très tôt d’autres cultures. Mais chaque période de vacances la ramène aux sources, à Gbadolite, bastion familial et symbole du pouvoir mobutiste.

À Gbadolite, l’ambiance était tout autre. Loin du protocole pesant de la capitale, la ville prenait des allures de grande réunion familiale. « C’était une colonie de vacances, on se retrouvait, des frères, des sœurs, des cousins, des cousines… c’était super. »

Pour son père, Gbadolite n’était pas qu’une ville. C’était un sanctuaire : « C’était son village, c’était son fief. Il était à l’aise, il conduisait seul, un endroit de paix. »

Dans ce décor chargé d’histoire, elle découvre un autre visage du président, celui d’un père détendu, proche des siens, attaché à ses racines.

Très proche du Maréchal, Ndagbia affirme avoir bénéficié d’une affection particulière. Une proximité d’autant plus forte qu’elle a perdu sa mère à l’âge de deux ans. Cette absence a renforcé le lien père-fille, dans un univers où la famille occupait une place centrale.

Aujourd’hui encore, le souvenir de sa mère demeure vivant à travers ses œuvres sociales. Première dame qui a marqué le Zaïre par son engagement dans le domaine social, « Maman Sese » a laissé, selon sa fille, « un chemin d’or » qu’elle continue d’emprunter.

À travers ce témoignage, Ndagbia Mobutu dresse le portrait d’une enfance privilégiée mais singulière, entre faste présidentiel, valeurs familiales et héritage mémoriel une première partie d’un récit où l’intime rencontre l’Histoire.

EMERODE KAMBA