CAN 2025 : Jean-Jacques Ndala au cœur d’une finale sous tension [ANALYSE]

Photo by Torbjorn Tande/DeFodi Images

La finale de la CAN 2025 entre le Maroc et le Sénégal a laissé des traces. Arbitrée par le rd-congolais Jean-Jacques Ndala, la rencontre s’est jouée sur des décisions lourdes, immédiatement contestées. Le journaliste sportif Japhet Toko livre une lecture froide des deux actions polémiques qui ont marqué le match.

Premier acte : le but sénégalais refusé

Contrairement à la version la plus répandue, Jean-Jacques Ndala n’a pas refusé un but du Sénégal après coup. Il siffle la faute avant la conclusion de l’action. Les images sont claires : le coup de sifflet intervient avant la frappe. La poussette sur Achraf Hakimi existe. Elle se produit dans la surface, une zone où l’arbitre ne peut rien laisser passer. Autre élément clé : le même joueur sénégalais, auteur du contact, récupère ensuite le ballon et participe directement à l’action qui mène au but. La décision est donc cohérente sur le plan arbitral.

Deuxième acte : le penalty accordé au Maroc

Sur l’action litigieuse impliquant Malick Diouf et Brahim Diaz, la faute est réelle mais loin d’être évidente à vitesse normale. Ndala laisse d’abord jouer, et ce choix se défend. On est dans les dernières secondes du temps additionnel, juste après une action frustrante pour le Maroc. Laisser le jeu se poursuivre relève alors d’une certaine logique d’arbitrage. Le problème surgit avec l’intervention de la VAR.

La VAR, juge décisif

Invité à revoir les images, Ndala se retrouve piégé par le ralenti. À cette vitesse, la retenue apparaît nette. Dès lors, ne pas siffler penalty devient presque impossible. La VAR transforme une faute « tolérable » en faute « sanctionnable ». L’arbitre ne décide plus seul. Il subit la pression cumulée des joueurs marocains, du public et de l’assistance vidéo. L’arbitrage moderne expose davantage qu’il ne protège.

Jean-Jacques Ndala a frôlé la controverse, sans basculer dans l’erreur manifeste. Ses décisions sont défendables, mais leur enchaînement laisse un goût amer. Le sacre du Sénégal atténuera sans doute les débats, sans les éteindre totalement. Cette finale restera comme un cas d’école : celui d’un arbitre congolais compétent, mais pris dans l’étau d’un football désormais gouverné par la VAR.