
La journaliste Élysée Malaika et son caméraman David Yusufu ont été enlevés jeudi 9 avril 2026 à Goma par des éléments de l’AFC-M23, alors qu’ils réalisaient un reportage sur le terrain, a dénoncé le journaliste Daniel Michombere.
D’après une source au sein de la rébellion, les deux professionnels des médias ont été interpellés avant midi, puis embarqués à bord d’un véhicule vers une destination inconnue. Les équipements de travail des journalistes auraient, quant à eux, été transférés vers un autre lieu identifié par cette même source.
Toujours selon ce témoignage, les responsables rebelles soupçonnent les deux reporters d’avoir filmé des contenus jugés sensibles ou non autorisés à la diffusion. « Ils analysent actuellement les images et les témoignages pour vérifier si des éléments compromettants ont été captés », a indiqué la source, précisant que les journalistes restent détenus dans un lieu tenu secret.
Une autre source proche de l’AFC-M23 affirme par ailleurs que les victimes auraient reçu l’interdiction formelle de communiquer sur leur situation, y compris avec leurs familles ou leur rédaction. Il leur serait également imposé, après une éventuelle libération, d’enregistrer une vidéo attestant qu’ils n’ont subi aucun mauvais traitement.
Daniel Michombere dénonce une pratique récurrente dans les zones sous contrôle rebelle. Il cite notamment le cas récent d’un journaliste de la radio Buzi de Minova, contraint de participer à une émission à Goma aux côtés du porte-parole du mouvement, Lawrence Kanyuka.
Face à cette situation, le journaliste lance un appel pressant aux organisations de défense de la liberté de la presse afin qu’elles interviennent en urgence pour obtenir la libération d’Élysée Malaika et de David Yusufu. Il alerte également sur les risques encourus par les professionnels des médias dans ces zones, où “informer devient un danger et exercer son métier un pari risqué”.


