
Collaborateur de figures majeures de la scène congolaise, de Fally Ipupa à Ferré Gola, le beatmaker DJ Merco sort du silence face à la polémique persistante autour de l’usage de l’autotune. Il a fustigé un débat qu’il juge stérile et contre-productif pour l’évolution de l’industrie musicale.
Selon lui, la stigmatisation des artistes qui recourent à cet outil technologique repose sur une méconnaissance des réalités de la production musicale moderne. “Faire un débat sur l’autotune et dire que ce sont des tricheurs qui l’utilisent, c’est très mauvais. Ça ralentit beaucoup de choses. Ce n’est bon ni pour la culture, ni pour la musique”, tranche-t-il.
Le producteur rappelle que l’autotune s’inscrit dans un ensemble plus large de procédés techniques utilisés en studio pour améliorer la qualité sonore. À l’en croire, il ne s’agit ni d’un artifice miraculeux, ni d’un substitut au talent. “Quand on mixe une chanson, on utilise plusieurs effets pour harmoniser la voix avec l’instrumental. L’Autotune en fait partie, mais son usage dépend du style musical et des choix artistiques”, explique-t-il.
DJ Merco insiste également sur une idée essentielle. L’outil ne saurait compenser un manque de compétences vocales. “Si tu ne sais pas chanter à la base, ce n’est pas l’Autotune qui va t’aider”, affirme-t-il, balayant ainsi l’argument selon lequel la technologie permettrait de masquer les lacunes des artistes.
Dans un contexte où la musique congolaise continue de se réinventer au contact des tendances internationales, cette sortie relance le débat sur la place des innovations technologiques dans la création artistique. Pour DJ Merco, il est urgent de dépasser les polémiques et d’accompagner les mutations d’un secteur en pleine transformation.


