
Après avoir évoqué son enfance au sommet de l’État et son attachement profond à son père, le Maréchal Mobutu Sese Seko, Ndagbia Mobutu livre dans cette deuxième partie un témoignage plus introspectif, marqué par la perte, la reconstruction et la quête d’identité.
« Lorsque papa est décédé, la vie a complètement changé.»
La disparition de cette figure centrale a bouleversé son univers. Habituée à une vie protégée et structurée autour d’un nom devenu historique, elle doit désormais apprendre à avancer sans cette présence tutélaire.
« Le moment dur, c’était de voir qu’il y avait aussi des gens qui étaient là pour me rappeler que je n’étais plus comme avant. »
Le regard des autres change. Les privilèges s’effacent. Une nouvelle réalité s’impose, plus exigeante, parfois plus rude. Mais c’est aussi le début d’une transformation personnelle.
« Je suis une femme mûre qui a appris de la vie. »
Se reconstruire par le travail
La nouvelle page ne s’est pas écrite facilement. Ndagbia Mobutu se lance dans l’entrepreneuriat, d’abord en Europe. Elle ouvre un restaurant en Belgique et travaille également dans le secteur de la restauration. Une immersion concrète dans le monde du travail, loin des dorures du passé.
Ensuite, c’est en Côte d’Ivoire qu’elle poursuit son parcours entrepreneurial, avec la volonté de bâtir par elle-même. Pour elle, la clé réside dans la persévérance : « Persévérer, ne pas rester sur ses acquis, avancer seule, la tête haute, ne pas se solder. »
Respecter l’héritage, construire son identité
« Je respecte mon héritage, mais je dois construire ma propre identité. »
Porter le nom Mobutu est à la fois une fierté et une responsabilité. Elle affirme garder intacte la fierté du nom qu’elle porte, tout en revendiquant le droit d’exister par elle-même.
Elle rentre également au pays, en République démocratique du Congo, convaincue qu’il y a « de la place pour tout le monde ». Une manière de réaffirmer son appartenance et son engagement envers sa terre natale.
Aujourd’hui femme d’affaires accomplie, elle est fondatrice et dirigeante de la conciergerie de luxe Azyekos Services, active en République démocratique du Congo et à l’international. Un positionnement professionnel qui reflète son sens du service, son exigence et son ambition.
Mère de trois enfants, dont l’une est déjà mariée, Ngabia se décrit avant tout comme : « Une femme simple, humaine, avec mes défis. »
Entre vie familiale et responsabilités professionnelles, elle poursuit sa route avec détermination. Son message est clair, presque revendicatif : « Il faut me laisser me créer ma propre identité. »
À travers ce parcours fait de ruptures et de renaissances, Ndagbia Mobutu incarne une femme en quête d’équilibre entre mémoire et modernité, entre héritage et affirmation personnelle. Une trajectoire marquée par la résilience, et par la volonté de transformer un nom chargé d’histoire en une signature personnelle tournée vers l’avenir.
EMERODE KAMBA


