
Le Parquet national financier (PNF) a officiellement transmis aux autorités judiciaires de Monaco la plainte déposée le 4 septembre 2025 visant le contrat de sponsoring signé entre l’AS Monaco et la République démocratique du Congo (RDC). Le PNF invoque une absence de « compétence géographique » pour justifier ce transfert.
La plainte, portée par Me Hervé Diakiese au nom de deux ressortissants congolais résidant en France, vise des faits présumés de « blanchiment de capitaux », « détournement de fonds publics » et « corruption ». Les plaignants ont requis l’anonymat, évoquant des craintes de représailles.
Selon L’Equipe, l’accord au centre de la procédure a été signé fin juin 2025. Il prévoit un partenariat de 4,8 millions d’euros sur trois ans, soit 1,6 million par saison. L’initiative s’inscrit dans une stratégie de visibilité internationale de la RDC à travers le football européen.
Me Diakiese met directement en cause le ministre des Sports et Loisirs, Didier Budimbu, qui a activement soutenu et promu ce partenariat baptisé « RDC, Cœur de l’Afrique ». Le contrat prévoit notamment une mise en avant de la destination RDC sur les supports de communication du club monégasque.
Ce partenariat avec l’AS Monaco s’ajoute à d’autres accords conclus par la RDC avec des clubs majeurs comme l’AC Milan et le FC Barcelone. Ces engagements financiers, présentés par les autorités comme des leviers de promotion du pays et de développement du football local, suscitent néanmoins des interrogations sur leur opportunité et leur gestion.
L’AS Monaco affirme avoir respecté les procédures internes avant la signature de l’accord. Le club avait indiqué avoir pris « toutes les précautions d’usage », notamment en matière de conformité et de vérifications préalables.
De son côté, Me Diakiese considère la transmission du dossier à Monaco comme une évolution logique. Il prévient que si le parquet monégasque ne poursuit pas l’affaire, une saisine d’un juge d’instruction reste envisageable. À ce stade, le parquet de Monaco n’a pas réagi publiquement.
Le dossier entre ainsi dans une nouvelle phase judiciaire, sous l’autorité des juridictions de la Principauté.


